SOLIDARITÉ  MAGAZINE

Bulletin Semestriel

de la Commission de la Solidarité Internationale

de Voir Ensemble

 

Numéro 44                                                                 septembre 2015

 

Siège : Voir Ensemble, Solidarité Internationale,

  15 rue Mayet, 75006, Paris

 

Téléphone (Président) : 06 60 63 96 60

Adresse électronique : y.dunand@free.fr

 

CCP : Voir Ensemble, Solidarité Internationale, 5755065L020

 

Équipe de Rédaction : Yves DUNAND, Caty CAVAILLÈS,

Cécile GUIMBERT, Robert DIVOUX.

 

« La vraie générosité envers l'avenir consiste à tout donner au présent. »

Albert Camus

 

Ce bulletin est distribué gratuitement, mais en raison des frais élevés qu'il engendre, les dons à la Commission de la Solidarité Internationale sont les bienvenus. Ces dons peuvent être adressés directement au Siège de l’association, Voir Ensemble, Commission de la Solidarité Internationale, 15 rue Mayet, 75006 Paris. Les chèques doivent être libellés à l'ordre de "Voir Ensemble, Solidarité Internationale". Nous enverrons en retour un reçu fiscal car tout don effectué à une association reconnue d'utilité publique donne droit à une déduction fiscale d’au moins 50% de son montant.

Avec nos plus chaleureux remerciements.


 

Au sommaire

 

 

L’UFA, une chance à saisir pour les dirigeants d’associations typhlophiles d’Afrique francophone !  par Yves Dunand, Président de la CSI

« Comme une promenade avec un ami »

Rapport de mission au Togo  du 23 janvier au 22 février 2015  par Nicolas Kokouma, Secrétaire adjoint de la CSI

Le chant du vent  (poème de Véronique Laurès)

Ma seconde mission au Cameroun  par Marie-Françoise Colin

Serge Adiémé, écrivain non-voyant camerounais

Développement professionnel et social  pour les diplômés handicapés au Bénin

Partage  (poème de Véronique Laurès)

Discours du pape aux participants de la Rencontre mondiale des mouvements populaires  le 28 octobre 2014 à Rome

Rencontre CSI, Lourdes 2015  par Marie-Claude Cressant, déléguée de Voir Ensemble au CCFD

Décalogue de la sérénité

Courrier du Sud

Rubrique humour

Recette : Poulet à l’orange

 

L’UFA, une chance à saisir pour les dirigeants d’associations typhlophiles d’Afrique francophone !
par Yves Dunand, Président de la CSI

 

Le 27 novembre 2015 se tiendra à Yaoundé l’Assemblée Générale de l’Union Francophone des Aveugles (UFA),  point d’orgue d’une semaine au cours de laquelle les participants prendront aussi part à un symposium autour de thèmes en lien avec les diverses législations sur le handicap visuel. En tant que président intérimaire de l’UFA, avec l’aide de ses collaborateurs, Paul Tezanou n’a ménagé ni son énergie ni sa santé pour préparer ce grand événement, que ce soit pour la recherche de fonds, les négociations avec les plus hautes autorités politiques camerounaises, l’organisation logistique, entre autres. Nous souhaitons ardemment que ses efforts soient récompensés par la remise sur pied d’une Union francophone « new look »,  caractérisée par un mode de fonctionnement pleinement participatif en vue de fédérer les énergies et les compétences des représentants des associations membres, et de mettre en commun les expériences acquises en matière de législation, d’éducation et d’insertion socio-économique des personnes aveugles et malvoyantes dans l’ensemble de la francophonie.

Ne nous cachons pas en effet que, si elle veut se donner des chances de changer significativement et durablement la situation des personnes aveugles et malvoyantes dans les pays d’Afrique francophone, l’UFA aura besoin de la pleine mobilisation de tous ses membres autour des objectifs qu’elle va se fixer. Et que dire des efforts que devra déployer cette nouvelle UFA pour se doter des moyens financiers nécessaires à son fonctionnement ! Nous savons déjà que les principales associations françaises qui lui ont fourni l’essentiel de ses ressources pendant une dizaine d’années ne sont plus en mesure de supporter un tel effort, mais cet état de fait, loin de nous inciter à baisser les bras, devra plutôt pousser la nouvelle équipe dirigeante à faire preuve d’une rigueur et d’une cohésion exemplaires dans la gestion de ses moyens limités et dans son travail sur des projets concrets capables de séduire des bailleurs potentiels.

Le défi est de taille, certes, mais il n’est nullement insurmontable si nous sommes assez nombreux à croire que, grâce à cette langue française que nous avons en partage, nous pouvons œuvrer ensemble, à travers des coopérations Nord-Sud et Sud-Sud, pour aider nos frères et sœurs aveugles des pays les plus démunis à sortir de la marginalisation à laquelle ils sont encore bien trop souvent voués.

Bien que je ne sois guère adepte des manifestations solennelles et des mondanités qui les entourent, je serais finalement désireux d’être présent à cette Assemblée Générale au nom de Voir Ensemble, aux côtés de notre délégué pressenti, Michel Fradin, pour y retrouver, je l’espère, les dirigeants des principales associations africaines partenaires de la CSI, et échanger avec eux autour du plan d’actions que le Comité Exécutif aura à adopter. Nous reviendrons évidemment sur cet événement et sur ses conclusions dans notre prochain numéro.

Pour l’heure, dans le bulletin que nous vous proposons en cette rentrée, nous consacrons une place importante à un projet dans lequel l’UFA pourrait précisément être amenée à s’impliquer puisqu’il a pour ambition de créer un centre de formation d’enseignants spécialisés au Togo, l’Institut Iroko, qui aurait aussi pour vocation d’accueillir des stagiaires de l’ensemble de l’Afrique francophone. Vous comprendrez aisément que l’élaboration et la réalisation d’un tel projet ne vont pas de soi, comme en atteste le rapport rédigé par notre ami Nicolas Kokouma suite à la nouvelle mission qu’il a effectuée à Lomé en début d’année, rapport dont nous publions ici de larges extraits.

Il sera aussi question d’enseignement dans le compte rendu très riche que nous a transmis Marie-Françoise Colin, enseignante non-voyante en retraite qui s’est rendue pour la seconde fois au CISPAM de Bafoussam, structure camerounaise avec laquelle nous entretenons des relations suivies et qui fête cette année ses vingt ans.

En ces premiers jours de septembre qui marquent pour beaucoup d’entre nous la reprise de nos activités respectives, nous vous proposons aussi de méditer sur trois courts textes de réflexion sur l’écoute, la solidarité et la sérénité, trois ingrédients ô combien nécessaires pour vivre en pleine harmonie avec soi-même et avec autrui.

Ce numéro vous emmènera également au Bénin, pour suivre une initiative prometteuse en faveur de l’insertion professionnelle des personnes handicapées, et vous pourrez aussi découvrir un jeune écrivain non-voyant camerounais dans les ouvrages duquel vous aurez sans doute envie de vous plonger après avoir lu la bibliographie figurant dans l’article qui lui est consacré.

Outre le compte rendu de l’animation CSI à Lourdes, nos rubriques humoristique et culinaire habituelles et nos « courriers du Sud », vous pourrez également retrouver avec plaisir notre chère et regrettée Véro, toujours bien présente à nos côtés grâce à ses poèmes que nous continuons à distiller dans chacun de nos numéros, tant ils restent pour nous une source intarissable de vitalité et d’humanité à laquelle il fait bon puiser, surtout en ces temps tourmentés où il serait si facile de se laisser submerger et paralyser par le cynisme ambiant et par le renoncement.

Enfin, alors que j’écris ces lignes, notre prochain Rassemblement solidaire des 19 et 20 septembre s’approche déjà à grands pas ! Je rappelle qu’il se tiendra à l’Accueil de l’Hermitage, près de Saint-Étienne, autour du thème « Avec nos partenaires du Nord et du Sud, tissons la solidarité ». Gageons que ces deux jours nous permettront de nous retrouver comme à chaque fois dans une atmosphère conviviale et fraternelle propice à de riches échanges avec les divers intervenants, venus cette année de Suisse, de Belgique et de l’Institut Montéclair d’Angers. À cette occasion, nous proposerons à nos militants et sympathisants un CD de piano du concertiste non-voyant Gérard Glatigny, produit par notre ami Jean-Paul Millier, que nous distribuons au prix de 15 euros. Les recettes serviront intégralement à soutenir nos actions, tout comme celles du concert solidaire que nous avons donné à l’INJA en mars dernier dans une ambiance extrêmement vivante et chaleureuse et qui nous a permis d’engranger environ 1000 euros.

C’est sur  cette note musicale que je conclurai la présentation de ce bulletin, délibérément plus court qu’à l’accoutumée, dont j’espère que le contenu saura vous captiver et vous sensibiliser à cette solidarité agissante par laquelle nous avons à cœur de nous rapprocher de nos frères et sœurs aveugles des pays les plus démunis.

 

Villejuif, le 29 août 2015

 

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« Comme une promenade avec un ami »

 

In « La lettre des amis », bulletin des Quakers de France, cité dans « Non-violence Actualités » 1995.

 

Écouter est, peut-être, le plus beau cadeau que nous puissions faire à quelqu’un. C’est lui dire, non pas avec des mots, mais avec ses yeux, son visage, son sourire et tout son corps : tu es important pour moi, tu es intéressant, je suis heureux que tu sois là, tu vas m’enrichir car tu es ce que je ne suis pas… Pas étonnant si la meilleure façon pour une personne de se révéler à elle-même, c’est d’être écoutée par une autre !

Écouter, c’est commencer par se taire… Avez-vous remarqué combien les « dialogues » sont remplis d’expressions de ce genre : « C’est comme moi quand… », ou bien « ça me rappelle ce qui m’est arrivé… ». Bien souvent, ce que l’autre dit n’est qu’une occasion de parler de soi.

Écouter, c’est commencer par arrêter son petit cinéma intérieur, son monologue portatif, pour se laisser habiter par l’autre. C’est accepter que l’autre entre en nous-mêmes comme il entrerait dans notre maison et s’y installerait un instant, en prenant ses aises.

Écouter, c’est vraiment laisser tomber ce qui nous occupe pour donner tout son temps à l’autre. C’est comme une promenade avec un ami : marcher à son pas, proche mais sans gêner, se laisser conduire par lui, s’arrêter avec lui, repartir, pour rien, pour lui.

Écouter, c’est ne pas chercher à répondre à l’autre, sachant qu’il a en lui-même les réponses à ses propres questions. C’est refuser de penser à la place de l’autre, de lui donner des conseils et même de vouloir le comprendre.

Écouter, c’est accueillir l’autre avec reconnaissance tel qu’il se définit lui-même, sans se substituer à lui pour lui dire ce qu’il doit être. C’est être ouvert positivement à toutes les idées, à tous les sujets, à toutes les expériences, à toutes les solutions, sans interpréter, sans juger, laissant à l’autre le temps et l’espace de trouver la voie qui est la sienne.

Écouter, ce n’est pas vouloir que quelqu’un soit comme ceci ou comme cela, c’est apprendre à découvrir ses qualités qui sont en lui spécifiques. Être attentif à quelqu’un qui souffre, ce n’est pas donner une solution ou une explication à sa souffrance, c’est lui permettre de la dire et de trouver lui-même son propre chemin pour s’en libérer. Apprendre à écouter quelqu’un c’est l’exercice le plus utile que nous puissions faire pour nous libérer de nos propres détresses…

Écouter, c’est donner à l’autre ce que l’on ne nous a peut-être encore jamais donné : de l’attention, du temps, une présence affectueuse. C’est en apprenant à écouter les autres que nous arrivons à nous écouter nous-mêmes, notre corps et toutes nos émotions, c’est le chemin pour apprendre à écouter la terre et la vie, c’est devenir poète, c'est-à-dire sentir le cœur et voir l’âme des choses.

À celui qui sait écouter est donné de ne plus vivre à la surface : il communie à la vibration intérieure de tout vivant, il commence à découvrir l’infini qui fait à la fois la richesse et l’originalité de l’autre. C’est alors qu’il entrevoit combien la rencontre est source d’être et non pas d’avoir.

             

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Rapport de mission au Togo
du 23 janvier au 22 février 2015
par Nicolas Kokouma, Secrétaire adjoint de la CSI

 

Après le plaidoyer auprès des autorités togolaises, en avril 2014, en faveur du projet Iroko d’école de formation de formateurs pour déficients visuels, j’ai effectué une mission d’étude de faisabilité du projet, à Lomé, du 23 janvier au 22 février 2015.

Cette mission avait pour but de :

- Réunir des informations permettant de compléter la présentation de l’Institut, de son fonctionnement et de la formation qu’il dispensera.

- Préparer la mise en place au Togo d’un Comité de Pilotage qui prendra en charge les étapes de réalisation du projet jusqu’à l’ouverture de l’Institut.

- Rechercher la confirmation effective du soutien à ce projet par les autorités togolaises.

- Explorer les sources possibles de financement de l’opération.

 

Durant la première semaine, en l’absence de mon ami et partenaire, AYASSOU Komivi, en déplacement à l’intérieur du pays, dans le cadre de ses fonctions de président de la Fédération Togolaise des Associations de Personnes handicapées (FETAPH), j’ai consacré mon temps :

- à rechercher, par l’intermédiaire de mes amis et connaissances, des personnes compétentes et bénévoles susceptibles de constituer le comité de pilotage ;

- à compléter, valider les différents devis et à rechercher de nouveaux fournisseurs ;

- à préparer la visite de l’École Normale de Tabligbo (80 km de Lomé) et la rencontre avec l’équipe pédagogique autour du projet Iroko (présentation, partenariat, perspectives etc.).

En l’absence de la Directrice, le directeur des études a mobilisé le personnel pour la circonstance. Les échanges ont été riches et cordiaux. Toute l’équipe était animée du désir de mettre ses compétences au service de ce projet novateur, s’interrogeant, avec curiosité, sur les spécificités de la pédagogie adaptée et sur les modalités de la formation qui serait dispensée par les intervenants (disciplines concernées, convention de partenariat etc.).

Contrairement aux prévisions, l’environnement de l’École Normale présente des inconvénients qui ne faciliteront pas l’accueil des personnes aveugles et malvoyantes (absence d’hébergement, conditions de restauration inadaptées) et des insuffisances (défaillance du réseau téléphonique, d’Internet, structures d’accueil des intervenants très limitées). Il faut repenser la localisation de l’Institut Iroko. Lomé est incontestablement plus appropriée et nous nous sommes engagés à en parler au ministre de tutelle.

En milieu de semaine, maître AWOKOU Koffi, non-voyant, administrateur de greffe à la Cour d’Appel de Lomé et M. Max Koffi ASSIGNON, administrateur des assurances au ministère des Finances, sollicités pour faire partie du comité de pilotage, m’ont confirmé leur accord.

Une réunion de travail avec M. Augustin Tandam, président d’ATVA TOGO (association Ton Village t’Appelle), a clôturé la semaine.

 

Le lundi 2 février, j’ai enfin pu avoir une première rencontre avec AYASSOU Komivi, président de l’Association Togolaise des Aveugles (ATA), pour une mise au point sur les dysfonctionnements qui entravent l’avancement du projet. Nous avons fixé des priorités sur l’échelle des démarches à entreprendre.

Il est convenu que Mme LAGNAN Pirénam, Directrice du centre polyvalent St-Augustin, soit la déléguée permanente de l’Association Togolaise des Aveugles auprès du comité de pilotage.

Les jours suivants, nous avons poursuivi tous azimuts le recueil d’informations sur de nombreux aspects techniques du projet (forme juridique, protection du nom de l’Institut Iroko, agrément de la formation, poursuite du recueil de devis ou de factures pro-forma auprès des fournisseurs etc.) Parallèlement, nous avons multiplié les contacts pour la mise en place du comité de pilotage.

À partir du 4 février, un mouvement de grève de 72h reconductible, du mercredi au vendredi, allait perturber les écoles et les administrations.

 

À l’amorce de la quatrième semaine, alors que nos démarches piétinent et que nous commençons à perdre espoir, le député aveugle, Jeremy VIDJA, a fait son apparition. Campagne présidentielle oblige, il était dans sa circonscription depuis mon arrivée. Le contact a été chaleureux. Il a activé son réseau, et, avec l’appui d’un ami, nous avons obtenu les rendez-vous tant attendus. Nous avons été reçus successivement par la ministre de l’Action sociale, de la Promotion de la Femme et de l’alphabétisation, par le ministre de l’Urbanisation et de l’Habitat, et par le ministre des enseignements Primaires et Secondaires. La plus attendue, cette audience a donné lieu à des échanges fructueux et rassurants. Le ministre a donné son accord pour :

- domicilier l’Institut Iroko à Lomé ;

- mettre à disposition de l’Institut Iroko les professeurs de l’ENI de Tabligbo résidant à Lomé ;

- mettre en place un comité de pilotage ;

- désigner un délégué de son ministère auprès du comité, ainsi que des délégués issus des ministères de l’Action Sociale, de la Fonction Publique et des Finances.

Il nous a fait part du projet du gouvernement visant à :

- privatiser les écoles normales d’instituteurs pour alléger ses charges. Il organiserait les concours de recrutement des élèves, assurerait une formation payante, avec la garantie d’un emploi ;

- allonger la durée de la formation sur deux années dont une année de formation généraliste et une année de spécialisation où l’Institut Iroko trouverait sa place.

 

Mise en place du comité de pilotage

Malgré la difficulté à mobiliser, non seulement des compétences, mais aussi des volontés, nous sommes parvenus à mettre en place une équipe qui s’est réunie au Centre Polyvalent St-Augustin, le 19 février 2015.

Ce comité a pour mission de prendre en charge les étapes de réalisation du projet jusqu’à l’ouverture de l’Institut.

 

Rencontre avec les partenaires de la CSI

 

Comme en avril 2014, le deuxième volet de ma mission était centré sur la visite des structures locales bénéficiaires du soutien de la CSI ou en passe de le devenir.

En 2014, ce soutien a porté sur le renforcement des capacités de la cellule de transcription de l’Université de Lomé et sur un projet générateur de revenus de la coopérative des femmes aveugles du Togo.

 

Cellule de transcription de l’Université de Lomé :

 

Le lundi 26 janvier 2015, j’ai visité le centre d’appui aux étudiants en situation de handicap, rebaptisé Service d’Accueil, de Formation et d’Évaluation des Étudiants en Situation de Handicap (SAFESH). J’ai remis un CD avec le logiciel DUXBURY au nouveau responsable du service, M. Claude BOKO. Il m’a présenté l’embosseuse qui trône au milieu de la salle de transcription comme un trophée.

Le lendemain, j’ai rencontré le Doyen de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines, M. Yaovi AKAKPO. L’accueil était chaleureux, empreint de gratitude et de reconnaissance envers Voir Ensemble et l’association Valentin Haüy, pour le cofinancement de l’embosseuse. L’acquisition de cet équipement a eu un impact positif sur les autorités de l’Université et le président n’a pas hésité à prendre un arrêté portant ouverture d’un service spécialisé pour l’accompagnement des étudiants handicapés.

 

Femmes Handicapées en Action pour le Développement (FHAD)

 

Le vendredi 6 février 2015, j’ai rencontré les membres du Bureau, puis visité le local d’installation du moulin. Le démarrage du projet a pris du retard pour plusieurs raisons :

- difficulté à trouver un local, réticence des bailleurs du fait de la gêne occasionnée par le bruit du moulin ;

- prix onéreux de la location d’une parcelle de terrain et de la construction d’un local ;

- exigence du versement d’un an de loyer au bailleur.

Sur les conseils avisés de deux exploitants, la FHAD a décidé d’acquérir le moulin au Ghana voisin où les prix sont intéressants. Pour cela, il a fallu se rapprocher d’un technicien et installateur de moulin, que j’ai pu rencontrer le lendemain. Il devait se charger de la transaction (achat, transport, livraison et installation du moulin). Aujourd’hui, l’installation du moulin est malheureusement retardée par les formalités administratives d’abonnement au réseau d’énergie électrique.

 

Scoops-cane (Coopérative Agricole
pour l’Épanouissement des Non-voyants) :

 

Le mardi 17 février 2015, dans le cadre du projet de culture de champignons, présenté à la CSI le 22 janvier 2015, j’ai rencontré le président, ABOTSI Yawovi, et le technicien de culture de champignons, AGBALENYO Kossi, au centre d’enseignement spécialisé pour aveugles de Lomé (CESA). Les échanges ont été riches d’informations sur les activités de l’ONG AGIDE et les vertus des champignons, devenus un produit de consommation courante, utilisé même dans la pharmacopée africaine. En raison de l’importance de la demande, l’équipe du CESA de Lomé envisage d’entreprendre, à son tour, la culture de champignons pour financer les besoins de la structure.

 

Conclusion

 

Cette mission a été éprouvante, physiquement et moralement. Par rapport aux objectifs de départ et au contexte, les résultats obtenus sont porteurs d’espoir, notamment la mise en place du comité de pilotage, la présence d’un consultant en montage de projet et les conclusions des échanges avec le ministre de tutelle.

Les difficultés rencontrées étaient liées, d’une part, aux lourdeurs de l’administration qui ne facilitent pas le recueil d’informations, d’autre part, à l’indisponibilité du ministre de tutelle, du fait de la campagne présidentielle, et des mouvements sociaux, portés en partie par les enseignants.

Les actions locales envisagées s’articulent autour des démarches ci-après :

- Élaboration d’un échéancier (étapes de réalisation du projet).

- Formalités administratives de création de l’institut (enregistrement, agrément, rédaction d’un règlement intérieur).

- Protection du nom de l’institut auprès de l’IINPIT.

- Préparation d’un dossier de demande de terrain à l’attention du ministre de l’urbanisation et de l’Habitat.

- Recherche de locaux à louer pour le démarrage de la formation, le 1er octobre 2016, faute de locaux au centre St Augustin, la construction de la structure n’intervenant qu’à partir de la 3ème année. 

- Recherche, dans le même secteur, d’une maison à louer pour l’hébergement des stagiaires, la restauration restant à leur charge, comme à l’École Normale d’Instituteurs de Notsé, à 90 km au Nord de Lomé.

- Rédaction d’une convention de partenariat avec le consultant (définition des attentes, rémunération, période de versement etc.).

- Rédaction d’une convention de partenariat avec les autorités locales compétentes (confirmation de l’engagement de l’État, durée de fonctionnement de l’institut, restitution à l’État etc.).

La rencontre avec notre ministre de tutelle, intervenue seulement à la fin de mon séjour, n’a pas facilité, à l’évidence, l’atteinte des objectifs de ma mission. Cependant, elle a permis de faire la lumière sur des aspects fondamentaux du projet, notamment la localisation de l’institut à Lomé, avec ses avantages (proximité des administrations, des grandes écoles, loisirs, contacts, infrastructures culturelles et sportives, tourisme etc.).

 

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Le chant du vent
(poème de Véronique Laurès)

 

Et j'entends le chant du vent dans mes voiles,

Un vent qui me pousse de toute sa joie.

Mon âme, conquise, accorde sa voix

À celle du vent qui enfle la toile.

 

Et le vent me dit d'aller de l'avant,

Que la joie demeure pour l'éternité,

Et que les combats pour la détrôner

N'ont pour bouclier que leur propre sang.

 

Déjà le passé n'est plus que poussière.

Le présent se pare de mille feux.

L'avenir promet la pleine lumière,

Qui sème ses prémisses au clair de nos yeux.

 

Mon âme frissonne, mon âme jubile,

Mon âme s'ébat, enivrée de vie,

Éprise de l'Amour pur et infini,

Fuyant le carcan des choses futiles.

 

Debout sur les vagues, confiante, j'avance,

Tandis que l'Amour veille sur mes pas ;

Tandis que son souffle, au creux de ma danse,

M'invite à la danse qui ne cesse pas.

 

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Ma seconde mission au Cameroun
par Marie-Françoise Colin

 

J’étais déjà allée au CISPAM de Bafoussam au Cameroun en novembre 2007, sous l’égide de notre CSI. Comme je garde des relations avec quelques enseignants et d’anciens élèves de ce Centre d’Intégration Sociale et Professionnelle pour Aveugles et Malvoyants, j’ai décidé d’y retourner cette année, du 13 au 25 juin 2015. Mon engagement personnel rend ce rapport un peu plus subjectif qu’il ne faudrait, mais il est sincère et je tâche d’être réaliste.

Ma seconde mission a été raccourcie de moitié par rapport à la première, mais j’ai bien fait de ne pas présumer davantage de mes forces, car je suis rentrée avec une petite paralysie faciale due à un méchant virus. Aujourd’hui, je suis presque guérie, mais l’expérience fut un peu pénible. Aveugle de naissance et brailliste, j’ai fait le voyage seule, comptant sur les services d’accueil SNCF et sur l’assistance PMR demandée à Turkish Airlines ; mais après expérience, je ne conseille plus trop cette option. Et surtout ne rentrez pas comme moi un jour de grève des taxis et des trains !…

 

Les objectifs

Pendant ma première mission, j’avais constaté que les grands élèves ignoraient tout du braille abrégé français ou anglais. Je n’avais pas pu l’enseigner, car nous étions en pleine année scolaire et il y avait plus urgent à faire. Donc cette année, quand j’ai senti que j’avais l’opportunité de faire un grand voyage, j’ai proposé à M. Samuel Fondop, directeur du CISPAM, d’y retourner pour enseigner l’abrégé français, en tenant compte des nouvelles normes du CBFU, Code Braille Français Uniformisé. Il a accepté. Nous avons convenu des dates et il m’a envoyé une invitation officielle pour que je puisse obtenir un visa. J’ai ajouté à mon programme une petite révision des signes mathématiques. M. Fondop m’a demandé d’expliquer aussi les notations chimiques, mais je les avais un peu oubliées depuis mon bac de 1965. Elles ont d’ailleurs un peu évolué. Je me suis procurée, non sans quelques difficultés, les documents adéquats, qui dépassent mes compétences, et me voilà partie, avec des bouliers et des tablettes que Caty m’a envoyés au nom de la CSI. Matériels et documents sont entre de bonnes mains, à la satisfaction de M. le Directeur. Caty m’a invitée aussi à sentir et évaluer si possible l’évolution du CISPAM entre mes deux missions. D’où ce rapport.

 

Des nouvelles du CISPAM

 

Au cours de la prochaine année scolaire, le CISPAM fêtera ses 20 ans et son centième élève. C’est une étape !... Le projet reste le même, mais les réalisations ont été de taille : quand j’y étais allée la première fois en 2007, il n’y avait « que » 52 élèves au CISPAM, dans un bâtiment assez petit, avec une vingtaine d’élèves intégrés en maternelle et primaire, plus une quinzaine au LYCLA (Lycée Classique) et au Libi (Lycée Bilingue). Aujourd’hui ils sont 43 intégrés au Lycla, une quinzaine en primaire, intégrés mais repris chaque jour en classe spécialisée pour le braille, la géométrie et quelques apprentissages de base. Les petits sont internes et intégrés sur place en maternelle ou à la CIL (Classe d’initiation à la lecture).

Le bâtiment d’internat est assez petit, mais il reste le noyau de la structure. Ces locaux ont été un peu réaménagés. Je suis entrée à la cantine, avec ses longues tables et ses jolis tabourets en plastique aux couleurs vives.

Mais la grande fierté de Monsieur le Directeur, en ce moment, c’est qu’il construit une grande école, maternelle et primaire : 17 salles sur 4 niveaux, avec WC et point d’eau sur chaque palier ; une école pour 400 élèves, avec salle d’informatique, bibliothèque, et peut-être bientôt un studio de radio !... Les salles sont déjà utilisées, même si le toit n’est pas encore posé. Les tôles coûtent cher, les charpentes aussi. Mais le chantier progresse dès que c’est possible. Les portes sont plus belles et meilleures qu’avant, mais les normes et les largeurs sont bien différentes des nôtres. Cette nouvelle école, toujours privée, est destinée au quartier. À terme, elle doit devenir génératrice de revenus pour la famille du fondateur du CISPAM, Samuel Fondop.

Ce dernier supervise l’ensemble, et surtout les aspects économiques et financiers. Il assure une grande part de la communication externe, notamment avec les administrations municipales et régionales, ainsi qu’avec le Lycla, mais il reste très présent auprès des élèves malvoyants. Son épouse est directrice de l’école.

Il y a un peu plus de personnel qu’auparavant, dont trois instituteurs en primaire, trois institutrices en maternelle et CIL, et aussi Mademoiselle Clarisse pour la classe spécialisée de primaire : elle est brailliste et ancienne élève du CISPAM. Deux volontaires allemands, salariés par leur gouvernement, assurent le soutien scolaire, des transcriptions, et quelques activités périscolaires. Une « directrice pédagogique » travaille au Lycla, parce que 43 élèves aveugles dans un lycée ne passent pas inaperçus. Il y a toujours quelques petits problèmes à régler, au moins pour les transports et les transcriptions. Mademoiselle Anna, que la CSI a salariée pendant 3 ans, s’est attelée à parfaire sa formation avec enthousiasme, tout en restant au service du CISPAM. Ajoutons qu’elle transcrit très bien, même pour ceux qui sont à l’université. C’est une belle réussite à laquelle la CSI peut être fière de s’associer.

M. ROGER assure, côté CISPAM, la régulation et l’organisation du soutien scolaire, sans compter la direction de la chorale catholique, ainsi que d’autres activités culturelles pour les élèves. Il est brailliste lui aussi et ancien élève du CISPAM. Quand c’est nécessaire, il multiplie les transcriptions. Il semble heureux dans ses fonctions et son autorité bienveillante apaise les conflits entre élèves.

Jouël, ancien élève voyant que j’avais connu en 2007, est maintenant chauffeur du CISPAM et du directeur. C’est aussi un habile transcripteur.

Ainsi l’institution se consolide, s’organise et s’affirme dans la ville. Plusieurs anciens déficients visuels sont étudiants, à Dschang ou à Douala. Un aveugle s’est fait recruter comme fonctionnaire au service de la communication pour l’académie. Mais cela reste très exceptionnel. Il y a encore pas mal d’échecs aux examens ; les conditions de travail sont précaires dans des classes de 75 élèves, avec peu de documents transcrits, presque aucune connaissance du braille abrégé français. Les élèves sont loin d’être assidus au soutien proposé. L’image des aveugles change, mais très lentement. Quelques élèves essaient de quitter le CISPAM en fin de seconde, mais il m’est difficile de dire si leur projet est viable.

Dans l’acronyme CISPAM, le P représente le domaine professionnel, auquel le centre voudrait préparer les élèves ; mais cette activité est peu développée, par manque d’éducateurs techniques et peut-être aussi par manque de place pour ranger le matériel et les matières premières. Les habitants de la région Ouest du Cameroun sont actifs et bons commerçants ; la terre est fertile. Une petite production agro-alimentaire de qualité (fruits, légumes...)), permet de vivre grâce à la vente directe. Mais comment organiser l’apprentissage ?

D’autres élèves voudraient essayer un bac scientifique. Je ne sais pas si c’est techniquement possible, car ils ne sont pas exercés ni au dessin ni aux graphiques.

D’un tout autre point de vue, le CISPAM est maintenant intégré dans l’ANAC (Association Nationale des Aveugles du Cameroun). Tant mieux ! Cela devrait ouvrir de nouvelles possibilités de formations en mutualisant les ressources.

Le minibus du CISPAM est toujours aussi vieux de l’extérieur, même si le moteur et les freins sont bien entretenus. Il est un peu comme l’équilibre financier du CISPAM. La fondation hollandaise qui assurait une subvention par élève a cessé son soutien depuis quelque temps. Je vais envoyer à M. Fondop une liste de sites qui lui fourniront peut-être un financement.

 

Mes propres réalisations.

 

Comme vous l’avez compris, cette année avait quelque chose d’exceptionnel dès le mois de juin. Le CISPAM présentait notamment 24 élèves au probatoire (équivalent de la première partie du bac lorsqu’elle existait). Ceux qui ont eu à organiser des examens pour des déficients visuels savent que le nombre et la succession des épreuves sont des défis, non seulement pour les candidats, mais aussi pour les organisateurs et les transcripteurs. J’avais mal mesuré l’ampleur du problème. De plus, d’autres examens étaient déjà terminés et la plupart des élèves avaient déjà quitté le CISPAM pour rejoindre leurs familles. Enfin c’était la saison des pluies, et la pluie tropicale, à certains moments, est si violente qu’elle empêche toute sortie. Les circonstances m’ont donc obligée à changer mon programme.

Finalement, j’ai proposé une formation au braille technique à 8 enseignants et transcripteurs, qui ont plus ou moins suivi 15 heures de formation sur 5 matinées. Nous avons, pour les plus nouveaux, essayé la transcription des maths, qui s’avérait indispensable. Nous avons réfléchi sur le métier de transcripteur de copies, mais pas sur celui d’adaptateur de documents, car l’urgence était ailleurs.

En plus du cadre prévu, j’ai vécu de belles rencontres avec quelques jeunes. Nous avons discuté de musique, de la France, de l’orientation et d’avenir. J’ai assisté également à une répétition de la chorale catholique basée au CISPAM. Volontairement, j’ai participé à deux messes très joyeuses ; dans l’une furent célébrés trois mariages et deux baptêmes d’adultes. Que de danses et de chants ! C’est à la fois émouvant et très dépaysant.

Par ailleurs j’ai salué quelques personnalités du Lycla. J’ai spécialement remercié M. le proviseur, qui ouvre son lycée à des élèves souffrant de handicap, sans minimiser les difficultés que comporte cette attitude nettement plus ouverte que la mentalité générale au Cameroun, où un aveugle n’est pas reconnu capable de signer un document. J’aurais voulu rencontrer aussi des gens du milieu universitaire, mais cela n’a pas été possible.

Je continue à fournir au CISPAM des documents pour l’abrégé. Même si le papier braille est plus facile à trouver qu’auparavant au Cameroun, j’en ai manqué.

 

Les joies.

 

Vous en devinez quelques-unes. Globalement, je suis contente de cette mission. J’ai constaté avec joie que le CISPAM s’agrandit et se consolide, non seulement dans ses bâtiments, mais aussi dans son personnel et dans son approche pédagogique. Et puis c’est toujours consolant et stimulant de retrouver, plus grands et plus assurés, des élèves dont on s’est occupé. L’éducation porte des fruits. « Mes » CM2 de 2007 sont devenus des jeunes, filles et garçons, très responsables. Étudiants, lycéens ou jeunes professionnels, ils ont bien pris leur vie en main.

Je ne les ai pas tous vus, mais je leur souhaite la santé, le courage et la chance de continuer ainsi. Ils profitent, autant qu’ils le peuvent, des nouvelles technologies. Beaucoup ont un téléphone portable, qu’ils rechargent en achetant des unités pour des sommes assez modiques. Plusieurs disposent plus ou moins d’un ordinateur ; c’est parfois celui de leurs parents ; ou bien ils vont dans un cybercafé proche de l’université. La « débrouille » est le maître-mot. Les adolescents voudraient une calculatrice parlante, même si elle n’est pas scientifique. Personne ne m’a parlé des CD daisy ou MP3, mais cela viendra peut-être.

Autre satisfaction : le CISPAM fait travailler deux enseignants aveugles, sans compter M. Fondop, malvoyant lui-même. C’est un beau signe, un témoignage, et ce sont de bons exemples pour les élèves.

Quant à l’intégration, il me semble que le CISPAM joue la carte du pragmatisme : dès la maternelle, les élèves du CISPAM connaissent des enfants voyants du quartier. Des camaraderies se forment, des habitudes sont prises : habitudes de solidarité et de respect réciproque. Cela facilite les choses quand les uns et les autres entrent au lycée. D’autre part, la classe spécialisée de primaire permet d’assurer ou de reprendre, sans perte de temps en déplacement, des apprentissages de base nécessaires aux élèves déficients visuels. À défaut d’être dans leurs familles, ils sont insérés dans un quartier et peuvent profiter du contact stimulant de leurs pairs ou de leurs aînés.

 

Mes réserves.

 

Bien sûr, tout n’est pas parfait, et il me reste bien des questions. Mais ce qui est fait est fait. Le CISPAM avance pas à pas. Les classes sont nombreuses et les élèves ne sont pas tous brillants, pas tous motivés. Après un échec, on recommence simplement, sans forcément analyser les causes. La pédagogie est plus répétitive que personnalisée. L’équilibre financier du CISPAM est très précaire. Même si, au niveau local, les gens s’organisent de mieux en mieux pour recycler l’eau de pluie ou les ordures ménagères, pour entretenir les routes ou créer de petits ateliers de transformation des fruits, il faut reconnaître que la politique sociale progresse peu. La formation professionnelle n’est pas très développée au Cameroun, elle l’est encore moins pour les déficients visuels.

Mais comme on dit, « Paris ne s’est pas fait en un jour ». Faisons confiance à Dieu, à l’avenir, aux Camerounais, à la CSI et aux autres. Ici comme ailleurs, il reste des défis à relever et des progrès à réaliser tous ensemble. Armons-nous d’espoir et de patience.

C’était mon dernier voyage au Cameroun, même s’il me reste la poste et le téléphone pour garder contact. Je souhaite bon courage et bonne chance à ceux et à celles qui s’en vont bientôt prendre la suite à leur manière.

 

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Serge Adiémé, écrivain non-voyant camerounais

 

Floréal Serge Landry Adiémé, né à Yaoundé le 13 février 1978, est un historien et écrivain camerounais. Il est né avec une cataracte congénitale à l’œil droit et une myopie à l’œil gauche.

Le  24 décembre 1989, alors qu’il est en cours moyen deuxième année à l’école de Mokolo, un quartier populaire de la vile de Yaoundé, il perd complètement la vue. Il est évacué en France au mois de juin 1990 où les médecins diagnostiquent un décollement de la rétine. L’intervention chirurgicale, du reste intervenue trop tard, ne lui redonne pas la vision résiduelle qu’il avait depuis sa naissance.

De retour au Cameroun en fin juillet de la même année, ses parents l’inscrivent au Centre PROMHANDICAM, une institution qui accueille les personnes handicapées. Il est initié à l’écriture braille et à la dactylographie. Cela lui permet d’achever son cycle primaire par l’obtention du Certificat d’Études primaires et Élémentaires (CEPE) en 1992.

Il rentre alors au Collège de la Retraite (un établissement catholique) l’un des rares à l’époque à accueillir en son sein des élèves non-voyants. En 1999, il obtient son baccalauréat (option littérature) et s’inscrit à l’université de Yaoundé I (filière histoire). Actuellement il attend de soutenir sa thèse de doctorat PhD en histoire option relations internationales. Depuis le début de l’année 2010, il exerce en qualité d'enseignant assistant à l'École Normale Supérieure de Yaoundé.

 

Son parcours artistique

 

Depuis sa tendre enfance, Adiémé s'est intéressé à l'art en général. Parallèlement à ses études, il s’adonne à la musique (piano, flûte), et à l’écriture (roman, poésie, théâtre).

Son premier roman intitulé «  La lionne édentée » est paru à Paris le 8 juillet 2010 aux éditions L’Harmattan. Il raconte l’histoire de Geneviève Amougou, une adolescente de condition modeste qui faisait la classe de terminale au lycée Général-Leclerc. Dans cet ouvrage, l’auteur promène le lecteur dans les arcanes du lycée parallèle. Ici, on voit des enfants en danger moral, soumis à toutes sortes de tentations. Adiémé peint la société camerounaise dans laquelle l’argent à tout prix, quelle que soit son origine, est devenu l’objectif de tout un chacun.

Son deuxième ouvrage, une pièce de théâtre parue chez L'Harmattan en 2012, s'intitule « Mon prince charmant ». Dans cette œuvre, Adiémé relate l'histoire de Yolande, une non-voyante à peine sortie de l'adolescence et qui vivait sous l'extrême protection de sa mère Ngono. L'auteur dévoile ici la vie affective des personnes handicapées. Ces dernières sont souvent obligées de mener leur vie amoureuse à l'abri du regard inquisiteur de la société.

Son troisième ouvrage, un recueil de poèmes paru en 2014 chez L’Harmattan, s’intitule « Miroir du monde ». Dans ce recueil en cinq parties, l’auteur nous fait voyager entre la terre et l’au-delà, abordant, dans un rythme régulier et avec un ton satirique, différents problèmes qui touchent à la condition humaine. Ainsi, sur le plan politique, il évoque les relations Nord-Sud, la démocratie, la gabegie des gouvernants. Sur le plan social, le poète chante l’amour, dénonce l’hypocrisie, l’immigration clandestine, l’exploitation abusive de la forêt, le tourisme sexuel, l’utilisation des enfants comme soldats, la cupidité, la paresse, etc.

Le poète nous transporte aussi vers l’au-delà, nous présentant la mort, non pas comme un ange redoutable, mais comme un ami qui, dialoguant avec la vie, nous aide parfois à abréger nos souffrances. Il crie aussi sa colère envers les forces invisibles qui, très souvent, semblent indifférentes aux douleurs des hommes.

Ces thèmes nous sont présentés dans un rythme régulier, une rime tantôt classique, tantôt libre.

 

Vie associative

 

Outre son goût pour l’athlétisme et la lutte qu’il pratique dans le cadre des activités handisports, Adiémé est très impliqué dans les mouvements associatifs, à l’instar de la Ronde des poètes et du groupe Jeunesse du Monde, un mouvement d’action catholique créé au Canada en 1959 et qui est arrivé au Cameroun en 1972. Il a été élu président du pôle de Mokolo pour l’année 2010-2011. Il a aussi été secrétaire général adjoint de la Dynamique des aveugles et malvoyants du Cameroun (DaMIC) entre 2012 et 2014.

 

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Développement professionnel et social
pour les diplômés handicapés au Bénin

 

Les personnes handicapées au Bénin manquent d’opportunités pour leur insertion socioprofessionnelle. Des barrières discriminatoires sont érigées à leur endroit, faisant d’elles des marginalisées et des exclues de la société, malgré les multiples arsenaux juridiques légiférés en leur faveur.

Plusieurs personnes handicapées diplômées sans emploi ont vu leurs dossiers de candidature rejetés, tandis que d’autres ont été purement et simplement expulsées des salles d'examen lors des concours organisés par l’État béninois.

En vue de montrer et de faire valoir leurs aptitudes à travailler, l’ONG « L’œil d’aujourd’hui », en partenariat avec le Réseau des Associations des Personnes Handicapées de l’Atlantique et du Littoral, dont l'Association pour la Promotion et l’Insertion Sociale des Aveugles et Amblyopes du Bénin (APISAAB) assure le secrétariat général, a initié un projet intitulé « Développement professionnel et social pour les diplômés handicapés ».

Ce projet, qui va durer 10 mois, est financé par l’Ambassade des USA au Bénin et a démarré depuis octobre 2014. Il comporte deux grandes phases :

- quatre mois de plaidoyer et de sensibilisation à l’endroit des autorités politico-administratives et des chefs d’entreprises pour le recrutement des personnes handicapées diplômées,

- six mois de mise en stage dans des structures publiques et privées de 20 personnes handicapées diplômées (10 personnes en situation de handicap visuel, 10 personnes en situation de handicap physique) en vue de montrer leurs compétences réelles, et surtout leur aptitude et leur dynamisme au travail.

 

Après trois mois de stage dans ces structures, le constat est très reluisant et les témoignages pleuvent : « au début j’étais très sceptique et je me demandais ce qu’une personne handicapée peut vraiment apporter à mon entreprise, mais j’avoue que j’ai été agréablement surpris de voir qu’elle se concentre et se donne véritablement au travail ; elle a déjà, de par sa compétence, aidé ma société à décrocher des contrats » a martelé le directeur général de la société Actifs-Bénin. Quant à monsieur GANNAVI Julien, Directeur Exécutif de l’ONG Nouvelle Vision, il affirme être épaté de la compétence et du rendement du stagiaire accueilli par sa structure, « je suis même prêt à le recruter à la fin des 6 mois de stage » a-t-il conclu.

Comme eux, la quasi-totalité des responsables de structures qui ont accueilli des personnes handicapées diplômées sont très satisfaits et reconnaissent leur valeur et leurs potentialités. Ce projet est venu donc corriger une injustice et est en train de mettre fin à la marginalisation et à la discrimination qui prévalent encore au Bénin pour cette catégorie de la population.

 

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Partage
(poème de Véronique Laurès)

 

Il m'a été donné un doux rayon d'amour.

Tu peux t'y réchauffer, t'y nourrir à ton tour.

C'est sans hésitation que je te le partage,

Comme on partage un feu, un pain, un clair langage.

 

Il m'a été donné une explosion de vie.

Appelée à l'amour, elle est pour toi aussi.

C'est dans un cri serein que je t'en éclabousse,

Cascade ivre du ciel qui l'étreint et la pousse.

 

Il m'a été donné un vaste champ de joie,

Un champ à cultiver avec mes sœurs, mes frères.

Avec vous de ses fruits je savoure l'humble chair,

Ébauche d'un bonheur qui ne finira pas…

 

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Discours du pape aux participants de la Rencontre mondiale des mouvements populaires
le 28 octobre 2014 à Rome

 

La Rencontre mondiale des mouvements populaires s’est tenue au Vatican du 27 au 29 octobre 2014. Lors de sa rencontre avec les participants le 28, le pape a prononcé un discours dont vous trouverez ci-après des extraits.

 

Cette rencontre des mouvements populaires est un signe, un grand signe : vous êtes venus mettre en présence de Dieu, de l'Église, des peuples, une réalité qui est souvent passée sous silence. Les pauvres ne subissent pas seulement l’injustice mais ils luttent aussi contre elle !

Ils ne se contentent pas de promesses illusoires, d’excuses ou d’alibis. Ils n’attendent pas non plus, les bras croisés, l'aide des ONG, des plans d’aide ou des solutions qui ne viennent jamais ou, si elles viennent, arrivent de telle façon qu’elles vont dans un sens qui est d’anesthésier ou de domestiquer, c’est plutôt dangereux. Vous sentez que les pauvres n’attendront plus et exigent d’être des protagonistes ; ils s’organisent, étudient, travaillent, réclament et, surtout, pratiquent cette solidarité très spéciale qui existe entre ceux qui souffrent, entre les pauvres, et que notre civilisation semble avoir oubliée, ou au moins a très envie d’oublier.

La solidarité est un mot qui ne plaît pas toujours ; je dirais que parfois nous l’avons transformé en un « gros mot » à ne pas utiliser. Cependant, c’est un mot qui signifie beaucoup plus que quelques actes de générosité sporadiques. C’est penser et agir en termes de communauté, de priorité de la vie de tous contre l’appropriation des biens par quelques-uns. C’est également lutter contre les causes structurelles de la pauvreté, l'inégalité, le manque de travail, de terre et de logement, le déni des droits sociaux et du travail. C’est affronter les effets destructeurs de l'empire de l'argent : les déplacements forcés, les émigrations douloureuses, le trafic des personnes, la drogue, la guerre, la violence et toutes ces réalités que beaucoup d'entre vous subissent et que nous sommes tous appelés à transformer. Solidarité, entendue dans son sens le plus profond, est une manière de faire l'histoire, et c’est cela que font les mouvements populaires.

Notre rencontre ne répond pas à une idéologie. Vous ne travaillez pas avec des idées, vous travaillez avec des réalités comme celles que j’ai mentionnées et bien d'autres dont vous m'avez parlé. Vous avez les pieds dans la boue et les mains dans la chair. Vous sentez le quartier, le peuple, la lutte ! Nous voulons que votre voix qui en général est peu entendue, soit entendue. Peut-être parce qu'elle dérange, peut-être parce que votre cri gêne, peut-être parce qu'on a peur du changement que vous exigez, mais, sans votre présence, sans aller vraiment aux périphéries, les bonnes propositions et les bons plans dont nous entendons souvent parler dans les conférences internationales restent dans le domaine de l’idée, c’est « mon » plan.

On ne peut affronter le scandale de la pauvreté en promouvant des stratégies de limitation qui se contentent seulement de tranquilliser et de transformer les pauvres en êtres domestiqués et inoffensifs. Quelle tristesse de voir que, derrière l’allégation d’œuvres altruistes, on réduit l'autre à la passivité, on le dénie, ou, pire encore, que se cachent des entreprises et des ambitions personnelles. Jésus les appellerait hypocrites. Quel beau changement que de voir les peuples en mouvement, en particulier leurs membres les plus pauvres et les jeunes. Alors, oui, on sent le vent de la promesse qui ravive l'espoir d'un monde meilleur. Mon désir est que ce vent se transforme en un ouragan d'espérance.

 

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Rencontre CSI, Lourdes 2015
par Marie-Claude Cressant, déléguée de Voir Ensemble au CCFD

 

Le mardi soir 21 avril a eu lieu la traditionnelle réunion de Voir Ensemble consacrée à la solidarité internationale, dans le cadre du pèlerinage annuel de notre mouvement. Comme se déroulait en même temps une rencontre destinée à dynamiser les groupes locaux de l’association, nous avons été privés de la présence de certaines personnes attachées à nos actions, cependant nous étions près de soixante.

La soirée a été d’abord animée par Lisette Prost, attachée permanente du CCFD-terre solidaire à Lourdes, accompagnée de quatre stagiaires. Nous avons commencé par un jeu, un peu déconcertant : nous étions divisés en quatre groupes, chacun recevait une feuille de route lui indiquant un monde à imaginer, dominé par la technique, par le sens du collectif etc.

Les partages de parole furent d’abord un peu difficiles en raison de la salle inappropriée qui ne permettait pas de déplacer les bancs et était très sonore. Cependant, des échanges se sont initiés, des caricatures de monde tout robotisés entièrement connectés ont émergé, ou d’autres de villes de doux rêveurs où tout se partage. S’est alors engagée une discussion sur les écueils qui guettent notre terre, la façon dont chacun à son propre niveau peut prendre de petites résolutions en vue d’orienter l’avenir vers le souci du bien commun.

Nous sommes passés ensuite à la présentation faite par Valérie des actions de solidarité internationale pilotées par notre comité au cours de l’année écoulée, insistant sur les missions réalisées au Tchad, au Cameroun et au Togo.

Nous avons évoqué le partenariat avec l’association « Les enfants des oliviers » qui a permis d’envoyer plus de 3000 euros pour la maison de l’Espérance de Bethléem, lieu d’accueil pour des enfants et adultes handicapés de Palestine où nous avions été reçus lors du pèlerinage d’octobre en Terre Sainte.

Plusieurs personnes de la salle ont insisté sur la connexion Voir Ensemble-CCFD dont les groupes locaux ne sont pas toujours conscients. L’invitation a été lancée pour notre rencontre de septembre à Saint-Étienne.

 

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Décalogue de la sérénité

 

1. Rien qu'aujourd'hui j'essaierai de vivre exclusivement la journée sans tenter de résoudre le problème de toute ma vie.

2. Rien qu'aujourd'hui je porterai mon plus grand soin à mon apparence courtoise et à mes manières. Je ne critiquerai personne et ne prétendrai redresser ou discipliner personne si ce n'est moi-même.

3. Je serai heureux rien qu’aujourd'hui, dans la certitude d'avoir été créé pour le bonheur, non seulement dans l'autre monde, mais également dans celui-ci.

4. Rien qu'aujourd’hui je m'adapterai aux circonstances, sans prétendre que celles-ci se plient à tous mes désirs.

5. Rien qu'aujourd'hui je consacrerai dix minutes à la bonne lecture en me souvenant que, comme la nourriture est nécessaire à la vie du corps, la bonne lecture est nécessaire à la vie de l'âme.

6. Rien qu'aujourd’hui je ferai une bonne action et je n'en parlerai à personne.

7. Rien qu'aujourd’hui je ferai au moins une chose que je n'aurai pas envie e faire; et si j'étais offensé, j'essaierai que personne ne le sache.

8. Rien qu'aujourd’hui j'établirai un programme détaillé de ma journée. Je ne m'en acquitterai peut-être pas entièrement mais je le rédigerai. Et je me garderai de deux calamités : la hâte et l'indécision.

9. Rien qu'aujourd'hui je croirai fermement, même si les circonstances semblent prouver le contraire, que la bonne providence de Dieu s'occupe de moi, comme si rien d’autre n'existait au monde.

10. Rien qu'aujourd’hui je ne craindrai pas. Et tout spécialement je n'aurai pas peur d'apprécier ce qui est beau et de croire en la bonté. Je suis en mesure de faire le bien pendant douze heures, ce qui ne saurait me décourager, comme si je pensais que je dois le faire toute ma vie durant.

 

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Courrier du Sud

 

Courriel reçu le 1er juin 2015 de la coopérative
Femmes Handicapées en Action pour le Développement (Lomé, Togo)

 

NDLR : Par souci de transparence, nous avons tout particulièrement tenu à publier ce courriel pour informer nos lecteurs et donateurs des raisons pour lesquelles un projet d’achat de moulin que nous avions financé en 2014 n’a pas encore pu se concrétiser. Vous pourrez à sa lecture toucher du doigt les problèmes de tous ordres auxquels peuvent être confrontés nos partenaires au quotidien. Rassurez-vous, cependant, nous restons en contact régulier avec les responsables de cette coopérative et veillerons à ce qu’en tout état de cause les fonds versés soient utilisés à bon escient ou nous soient restitués.

 

Monsieur le Président,

Nous vous prions de bien vouloir excuser le retard dans la réalisation de notre projet.

En effet, comme vous l'a expliqué notre frère Monsieur Nicolas Kokouma, nous avons eu un problème avec le premier local que nous avions loué. Nous avons été dupés par le bailleur en ce qui concerne l'installation électrique. Le compteur est en fait sous-loué, la maison n'a pas de compteur électrique propre. Vu le coût très élevé de l'abonnement électrique chez nous, nous ne pouvons pas nous permettre de faire notre propre branchement.

Il a fallu se relancer dans la recherche d'un autre local, ce qui a pris un peu de temps en raison du refus des propriétaires motivé par la nuisance sonore qu'entraînent les moulins.

Finalement, nous avons changé de stratégie, ce qui nous a amenés à louer une parcelle de terrain sur laquelle le local sera construit. Le maçon et le menuisier sont en train d'effectuer les travaux et nous espérons que d'ici peu, tout sera prêt et le moulin sera installé.

Du côté de l’électricité, on a aussi progressé, le devis des travaux de branchement de sous-compteur est sorti et nous avons payé. Nous sommes programmés sur la liste d'attente des travaux de branchement.

Comme justificatifs, vous trouverez jointes à ce message les pièces suivantes : une attestation sur l'honneur de la cession du moulin, une photo du moulin et de ses accessoires, le contrat de location de la parcelle de terrain, le devis des travaux de construction, une photo du local en construction, le reçu d'encaissement du branchement électrique.

Par ailleurs, nous avons le regret de vous annoncer que notre présidente Mme EPEY Abla a eu un accident cérébro-vasculaire, entraînant la perte de mobilité de son bras droit. Il a été décidé, d’un commun accord avec tous les membres, que la secrétaire Mme KOVI Akouvi se chargera d'assurer le rôle de présidente de la coopérative. Nous vous tiendrons informé de la suite des activités.

Tout en vous renouvelant nos sincères excuses, veuillez agréer, Monsieur le Président, nos salutations reconnaissantes.

 

 

Courriel reçu le 24 juin 2015 de la directrice du Centre d’Éducation et de Formation des Aveugles et Déficients Visuels Siloé-Djanglanmey
(Komé, Bénin)

 

Chers partenaires,

Votre contribution a grandement soulagé notre travail d’encadrement des non-voyants, comme vous pourrez le lire dans ce témoignage que nous vous adressons avec gratitude à travers ce bilan à mi-parcours.

Les trois maîtres de suivi du centre Siloé ont commencé effectivement leur prérentrée en septembre, préparant ainsi la rentrée de nos 19 collégiens.

Comme je vous l’ai annoncé dans mon pré-rapport d’activités du personnel, chacun des trois maîtres de suivi a bien joué sa partition avec un zèle et un désintéressement remarquables.

Des cours d’explications sous forme de rattrapages pendant les week-ends, même quelquefois les jours fériés, sont organisés entre eux et nos élèves. Et tout ceci grâce à la régularité et à la garantie des salaires.

Nos douze élèves du collège qui font les classes de 6ème, 5ème, 4ème, 2nde et 1ère sont passés en classe supérieure avec des mentions honorables et encourageantes.

Nous attendons patiemment les résultats des différents examens pour nos candidats. Ils vous parviendront probablement vers le mois de septembre lors de l’envoi des fiches de paie restantes.

Merci pour votre effort et votre partenariat. N’arrêtez pas votre action, elle est nécessaire.

 

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Rubrique humour

 

Ah! la beauté de la langue française !!!!

 

Pourquoi dit-on qu'il y a un Embarras de voitures quand il y en a trop, et Embarras d'argent quand il n'y en a pas assez ?

Pourquoi parle-t-on des quatre coins de la Terre, alors qu'elle est ronde ?

Quand un homme se meurt, on dit qu'il s'éteint; Quand il est mort, on l'appelle « feu » !

Pourquoi appelle-t-on « coup de grâce » le coup qui tue ?

Pourquoi remercie-t-on un employé quand on n'est pas content de ses services.

Pourquoi dit-on d'un pauvre malheureux, ruiné et qui n'a même plus un lit dans lequel se coucher, qu'il est dans de beaux draps ?

Comment distinguer le locataire du propriétaire lorsque ces deux personnes vous disent à la fois : « Je viens de louer un appartement » ?

Pourquoi un bruit transpire-t-il avant d'avoir couru ?

Pourquoi lave-t-on une injure et essuie-t-on un affront ?

Pourquoi passe-t-on souvent des nuits blanches quand on a des idées noires.

Pourquoi, lorsqu'on veut avoir de l'argent devant soi, faut-il en mettre de côté ?

Pourquoi, lorsque vous ne partagez pas l'avis de quelqu'un, dit-on que « les avis sont partagés » ?

 

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Recette : Poulet à l’orange

 

Pour 4 personnes

Il faut :

- 2 grosses oranges,

- 50 grammes de beurre,

- 1 cuillère à soupe d’huile,

- 4 morceaux de poulet,

- 2 oignons coupés fin,

- 2 cuillères à soupe d’eau,

- 1 cuillère à soupe de concentré de tomate,

- sel et poivre.

Pelez finement le zeste de 1 orange et coupez-le en lanières minces.

Râpez le zeste de l’autre orange et pressez les 2 jus.

Faites chauffer le beurre et l’huile dans une poêle.

Faites dorer des 2 côtés les morceaux de poulet.

Enlevez-les de la poêle et tenez-les au chaud.

Faites revenir doucement 5 minutes les oignons dans la poêle, dégraissez, puis ajoutez l’eau, le concentré de tomate, le jus d’orange, les zestes râpés et en lanières.

Portez à ébullition, salez et poivrez.

Disposez une feuille de papier d’aluminium dans un plat allant au four suffisamment grande pour pouvoir la replier vers le milieu du plat.

Posez les morceaux de poulet, versez la sauce, puis pliez la feuille d’aluminium vers le centre du plat pour fermer complètement.

Faites cuire dans un four préchauffé à 180°.

Accompagnez de pommes de terre en robe des champs.

 

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