SOLIDARITÉ  MAGAZINE

Bulletin Semestriel

de la Commission de la Solidarité Internationale

de Voir Ensemble

 

Numéro 45                                                 février 2016

 

Siège : Voir Ensemble, Solidarité Internationale,

  15 rue Mayet, 75006, Paris

 

Téléphone (Président) : 06 60 63 96 60

Adresse électronique : y.dunand@free.fr

 

CCP : Voir Ensemble, Solidarité Internationale, 5755065L020

 

Équipe de Rédaction : Yves DUNAND, Caty CAVAILLÈS,

Cécile GUIMBERT, Robert DIVOUX, Martial LESAY.

 

« Le monde appartiendra demain à ceux qui lui auront donné une plus grande espérance. »

Pierre Teilhard de Chardin

 

Ce bulletin est distribué gratuitement, mais en raison des frais élevés qu'il engendre, les dons à la Commission de la Solidarité Internationale sont les bienvenus. Ces dons peuvent être adressés directement au Siège de l’association, Voir Ensemble, Commission de la Solidarité Internationale, 15 rue Mayet, 75006 Paris. Les chèques doivent être libellés à l'ordre de "Voir Ensemble, Solidarité Internationale". Nous enverrons en retour un reçu fiscal car tout don effectué à une association reconnue d'utilité publique donne droit à une déduction fiscale de 66% de son montant.

Avec nos plus chaleureux remerciements anticipés !


Au sommaire

 

La CSI en quête d’une relève pour poursuivre l’engagement de Voir Ensemble aux côtés des aveugles des pays émergents de l’espace francophone  par Yves Dunand, président de la CSI

Cadeaux solidaires

Composition du Comité de la CSI

Vivre ensemble  par Marcel Perrier

Participation de deux représentants de Voir Ensemble au symposium et à l’Assemblée Générale  de l’Union Francophone des Aveugles

Rapport de la Société Haïtienne d’Aide aux Aveugles (SHAA) par Dr Michel A. Péan (Coordonnateur National)

Disparition d’Ismaël Konaté, père fondateur des associations des aveugles au Mali

Histoire d'un uru (1)  (poème de Véronique Laurès)

Burkina Faso: Éducation inclusive :  Étape-bilan d’un projet en faveur des enfants  en situation de handicap visuel

Madagascar : « L’informatique Braille  constitue ma seconde chance »

La Mission Chrétienne pour Aveugles  et Analphabètes à Bukavu  (République Démocratique du Congo)  par le pasteur Jean-Pierre Ibucwa

Retrouvailles  (poème de Véronique Laurès)

Rapport d’activité du projet de renforcement de capacité de la cellule de transcription de l’Université de Lomé au Togo

Une jeune femme non-voyante crée un service  de vente de matériel braille au Togo

Mise en œuvre du projet Kekeli-Djama  au profit des enfants handicapés visuels

Courrier du Sud

Rubrique humour

Recette : Tajine à la marocaine

 


La CSI en quête d’une relève pour poursuivre l’engagement de Voir Ensemble aux côtés des aveugles des pays émergents de l’espace francophone
par Yves Dunand, président de la CSI

 

Pour débuter ce numéro 45 de notre bulletin semestriel, nous reviendrons tout d’abord sur notre douzième Rassemblement qui s’est tenu les 19 et 20 septembre 2015 à l’Accueil de l’Hermitage, près de Saint-Chamond, autour du thème « Partenaires du Nord et du Sud, tissons la solidarité ! ». La réussite de ce week-end, qui a regroupé à nouveau une cinquantaine de participants, doit bien sûr beaucoup au président du Groupe Loire Sud, Christian Puissant, qui, avec le concours des bénévoles dont il s'est entouré, a su allier attention et efficacité pour en assurer l’organisation logistique. Ajoutons aussi une mention spéciale aux frères et au personnel laïque de l'Hermitage qui nous ont accueillis avec une gentillesse et une disponibilité auxquelles nous avons été très sensibles, sans parler du lieu lui-même, extrêmement agréable et tout à fait adapté à nos besoins.

Nous avons ainsi pu nous retrouver, comme à chaque fois, dans une atmosphère conviviale et fraternelle propice à de riches échanges avec nos 4 intervenants, représentant respectivement la Mission Évangélique Braille de Suisse, l’ONG SHC de Belgique et l’Institut Montéclair d’Angers. Leurs exposés ont été particulièrement riches et vivants, et les échanges que nous avons eus n'ont fait que confirmer notre aspiration commune à agir toujours davantage en synergie et en concertation. En outre, nous avons eu la chance d’accueillir aussi notre ami et partenaire de longue date Paul Tezanou, qui allait devenir quelques semaines plus tard le nouveau président de l’Union Francophone des Aveugles, et le frère Paulin Luendo Nsibiro, membre d’une association de Bukavu (RDC) pour laquelle nous avons soutenu un projet d’élevage entre 2009 et 2011.

La soirée nous a donné l’occasion de découvrir et d’admirer les talents d’acteurs des membres du Groupe Loire Sud, qui nous ont interprété de façon magistrale une comédie fort divertissante. Caty Cavaillès a conclu cette veillée par la lecture de plusieurs poèmes de notre regrettée amie Véronique Laurès, dont quelques inédits qui pourraient faire l’objet de la publication d’un nouveau recueil.

Le dimanche matin, les échanges se sont poursuivis au cours de l’AG de la CSI, Et ils nous ont donné l’occasion d’entendre Marie-Françoise Colin, enseignante non-voyante en retraite, membre du Groupe du Doubs, nous parler de son second séjour en immersion au CISPAM de Bafoussam (Cameroun), effectué en juin 2015 (cf. compte rendu publié dans notre numéro précédent).

Suite aux élections pour le renouvellement d’un tiers du comité, la composition de l’équipe de la CSI reste inchangée puisque les 4 sortants qui se représentaient ont été réélus. Précisons cependant que nous sommes plus que jamais désireux d’accueillir de nouveaux militants prêts à s’engager à nos côtés, voire même à prendre la relève. Après plus de 25 ans d’un engagement extrêmement prenant, plusieurs d’entre nous ressentons en effet vivement le besoin de nous rendre plus disponibles pour nos proches ou pour nous consacrer à d’autres activités, tout en souhaitant que l’action internationale de Voir Ensemble puisse se perpétuer. Si vous êtes vous aussi sensibles à cette cause et êtes prêts à y consacrer un peu de votre temps et de vos compétences, si vous aspirez à vous immerger dans la vie de notre équipe en participant à nos réunions de Comité trimestrielles, n’hésitez donc pas à me contacter, par téléphone au 06 60 63 96 60, ou par courriel à l’adresse y.dunand@free.fr .

J’ose du reste nourrir l’espoir que le contenu de ce bulletin suscitera peut-être des vocations parmi nos lecteurs ! Les articles que vous y découvrirez sont en effet des illustrations des avancées que nos actions solidaires, si modestes soient-elles, ont contribué à susciter pour améliorer progressivement le sort des personnes aveugles et malvoyantes de nombreux pays émergents d’Afrique francophone tels le Burkina Faso, la République Démocratique du Congo, Madagascar et le Togo, ce dernier se trouvant particulièrement au cœur de notre actualité, comme vous pourrez en juger au travers des quatre contributions qui lui sont consacrées. Nous sommes bien conscients, toutefois, de ce que ces réussites, collectives ou individuelles, ne doivent pas être l’arbre qui cache la forêt. C’est pourquoi nous ne voudrions surtout pas, en en faisant état, être taxés d’angélisme. S’il en était besoin, les statistiques mentionnées dans plusieurs articles que nous reproduisons ici sont là pour nous rappeler que ces progrès ne concernent encore qu’une bien faible proportion des personnes déficientes visuelles des pays émergents, mais ils contribuent néanmoins de manière indéniable à changer peu à peu les mentalités, et aussi surtout le regard et les politiques des autorités de ces pays vis-à-vis du handicap. Gardons donc bien à l’esprit que toutes ces expériences positives que nous relatons au fil de nos bulletins auraient été totalement impensables il y a une ou deux décennies !

Bien sûr il n’est pas question de se contenter de ces quelques résultats encourageants, mais plutôt de les mettre en commun et de tenter de les faire fructifier grâce à un travail en réseau et en partenariat. Ainsi, comme nous l’évoquions dans notre numéro précédent, c’est aussi par son retour au sein de l’Union Francophone des Aveugles, dont notre ami Michel Fradin assume désormais la vice-présidence, que Voir Ensemble tient à manifester son engagement et sa présence dans un espace francophone élargi et mobilisé autour d’un plan d’action à la fois ambitieux et pragmatique. À cet égard, vous retrouverez plus loin de brefs échos du symposium et de l’Assemblée Générale de l’UFA qui ont réuni fin novembre à Yaoundé les représentants de 18 pays, ainsi que le rapport présenté à cette occasion par le Dr Michel Péan, coordonnateur national de la Société Haïtienne d’Aide aux Aveugles, sur l’utilisation des fonds recueillis, via l’UFA, pour permettre à cette organisation et à ses membres de se relever du terrible tremblement de terre qui a frappé le pays en janvier 2010.

Nous nous devions également de publier un article en hommage à Ismaël Konaté, grande figure du monde typhlophile d’Afrique francophone, décédé en novembre 2015, dont le parcours et l’engagement méritent assurément d’être salués et portés à la connaissance des jeunes générations.

Comme à l’accoutumée, afin de vous aider à mieux déguster et digérer les divers plats de résistance inscrits au menu de ce nouveau bulletin, vous y trouverez aussi, en guise de hors d’œuvre et d’accompagnement, deux nouveaux poèmes inédits de notre immortelle et lumineuse Véro, nos rubriques humoristique et culinaire, ainsi qu’un texte de notre ancien aumônier Marcel Perrier.

Précisons enfin que nous venons de réactualiser et d’étoffer significativement notre page sur le site de Voir Ensemble, consultable à l’adresse http://www.voirensemble.asso.fr/?titre=commission-de-la-solidarite-internationale&mode=commissions&id=40 . Vous y trouverez plus de détails sur nos actions récentes, nos objectifs, nos axes d’intervention, notre mode de fonctionnement... ainsi que les anciens numéros de notre bulletin. N’hésitez pas aussi à diffuser ce lien largement autour de vous pour faire connaître notre existence et nos actions ! Comme nous le rappelons en première page de chacun de nos bulletins, les dons en soutien à nos actions et à la production de ce magazine sont plus que bienvenus, et ils donnent droit à une déduction fiscale de 66% de leur montant. Pour votre soutien et pour l’écho que vous voudrez bien donner à cet appel, par avance, merci !

 

Paris, le 26 février 2016

 

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Cadeaux solidaires

 

La CSI vous propose un nouveau CD, « La poésie d’un piano au fil du temps », par Gérard Glatigny. Cet excellent pianiste nous fait voyager à travers le temps et les frontières européennes en passant de Schubert à Schumann, Mozart et Debussy. Le prix est de 15 euros, frais de port inclus, l’intégralité des recettes étant destinée à financer les aides que la CSI apporte à ses partenaires.

Les commandes sont à adresser à Yves Dunand, soit par mail (y.dunand@free.fr), soit par courrier postal (CSI Voir Ensemble – 15, rue Mayet – 75006 Paris).

Site Pilick (producteur du CD) : http://www.pilick.com/)

 

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Composition du Comité de la CSI

 

Suite aux élections qui ont eu lieu à l’occasion de la dernière Assemblée Générale de la Commission à Saint-Chamond, le 20 septembre 2015, voici la composition de l’équipe. Toutes et tous, nous sommes à votre service.

 

Composition du Bureau :

 

Président : Yves Dunand (non-voyant, Villejuif)

Vice-Présidente : Caty Cavaillès (non-voyante, Saverdun)

Vice-Président : Mohamed Azzouz (non-voyant, Champigny)

Trésorier : Martial Lesay (voyant, Paris)

Secrétaire : Cécile Guimbert (non-voyante, Paris)

Secrétaire adjoint : Nicolas Kokouma (non-voyant, Villeurbanne)

Déléguée nationale au CCFD : Marie-Claude Cressant (non-voyante, Montereau)

 

Autres membres du Comité :

 

- Gilles Alliouz (mal-voyant, Saverdun)

- Michel Fradin (voyant, Saint-Pons de Thomières)

- Bernadette Uhrès (mal-voyante, Varrennes-Vauzelles)

- Jean-Paul Millier (non-voyant, Talant)

- Valérie Haccart (mal-voyante, Villeneuve d'Ascq)

 

Membres de droit :

 

- Jacques Charlin, Président de l’Association (non-voyant, Villeurbanne)

- Marion Montessuy, Directrice Générale de l’Association (voyante, Paris)

- Père Roger Lordong, Aumônier national (voyant, Lyon).

 

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Vivre ensemble
par Marcel Perrier (ancien aumônier accompagnateur de la CSI)

 

NDLR : Ce texte, toujours d'une actualité brûlante, a été écrit par Marcel Perrier en 2003, à l'occasion d'un grand rassemblement de la Jeunesse Ouvrière Catholique autour du thème « Vivre ensemble ».

 

Les informations qui nous arrivent chaque jour montrent combien les six milliards d’humains ont du mal à vivre ensemble : viols, violence, violations des droits de l’homme ; luttes sociales, guerres ethniques, terreurs intégristes ; idéologies dominatrices et exclusives, même chez nous ; égoïsme meurtrier de propriétaires d’énormes capitaux gérés pour un profit personnel intolérable, face à des peuples affamés, déplacés sans terre et sans papiers… Religions déviées qui amplifient les différences et les exclusions, au lieu de servir la qualité des relations…

Et pourtant, lorsqu’on va de groupes en groupes, d’associations en associations, de célébrations en célébrations, on se rend compte que l’enseignement donné, les paroles chantées, les témoignages confiés, les projets étudiés, expriment tous une très forte volonté de vivre ensemble. Les projets des partis politiques qui ont gardé l’objectif des droits de l’homme, veulent aussi servir l’harmonie sociale.

Vivre ensemble, n’est-ce pas aussi le désir profond de toute personne humaine, désir à éveiller, à réveiller, à éduquer ? Écouter, décoder les paroles des autres, exige un apprentissage. Cette éducation à la relation veut d’abord ajuster le regard sur les personnes et les situations. Mais comme les yeux sont reliés directement au cœur, il faut aussi désarmer les cœurs et les ajuster en trouvant la bonne longueur d’ondes ! Quand le cœur aime, les yeux regardent autrement. L’Évangile le redit de bien des manières.

Cependant, les événements nous le rappellent chaque jour, pour l’harmonie de la vie en société, il est aussi nécessaire d’agir sur les conditions économiques de la vie des familles et des peuples. Un proverbe nous dit : « ce qui fait la solidité d’une chaîne, c’est la solidité des anneaux les plus faibles ». On peut avoir cent anneaux solides et cinq très fragilisés, alors toute la chaîne vole en éclats. Ce qui fait la cohésion sociale, c’est la promotion des plus pauvres, à peine inclus dans le système, ou reclus ou exclus. La violence mère, c’est la misère, car elle entraîne les autres dans un cercle infernal : révolte, répression, insurrection et répressions plus dures. Tout cela marque les mémoires, humilie les plus pauvres. L’exclusion est une bombe à retardement qui finit toujours par exploser quelque part. Aussi, c’est par une plus grande justice nationale et internationale que se construit la paix. Il faut inscrire cette justice dans la politique, l’économie et les cultures.

 

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Participation de deux représentants de Voir Ensemble au symposium et à l’Assemblée Générale
de l’Union Francophone des Aveugles
par Yves Dunand

 

Du 23 au 28 novembre 2015, j’ai représenté Voir Ensemble, en compagnie de Michel Fradin qui m’avait précédé d’une semaine, au premier symposium et à la quatrième Assemblée Générale de l’Union Francophone des Aveugles (UFA), qui se tenaient à Yaoundé (Cameroun). Les interventions au programme du symposium ont été de grande qualité et ont donné lieu à des échanges questions-réponses riches et animés, parmi un auditoire attentif et visiblement très intéressé par les différents thèmes abordés (l’évolution des législations nationales et internationale sur les droits des personnes handicapées, le traité de Marrakech sur la libre circulation des livres adaptés, l’écriture braille et les nouvelles technologies, l’insertion professionnelle des personnes handicapées...).

À l'issue de l'AG qui s'est tenue le 27 novembre, l'UFA se trouve désormais dotée d'un président de plein droit en la personne de Paul Tezanou, d’un Conseil d'Administration élargi à 15 membres, d'un Bureau au sein duquel Michel Fradin siégera au nom de Voir Ensemble en tant que vice-président. Cette nouvelle équipe aura la lourde et exaltante mission de remettre sur pied l’UFA, en s’appuyant sur le plan d’action, dont la rédaction, assurée par Michel après consultation des membres de l’UFA et de la CSI, a été guidée par les maîtres mots suivants : progressivité, ambition raisonnable, pragmatisme (notamment financier), efficacité et solidarité.

Était également inscrite au programme du symposium une présentation du projet de création au Togo de l’Institut Iroko dédié à la formation d’enseignants spécialisés, projet qui a suscité un vif intérêt parmi les participants.

En marge de ces réunions, nous avons pu échanger avec de nombreux partenaires de la CSI du Cameroun, du Tchad, du Burkina Faso..., et faire plus ample connaissance avec les délégués du Niger, de la République Centrafricaine, de la RDC, du Bénin, du Burundi, du Maroc... Nous avons distribué des dépliants de la CSI et de Voir Ensemble et avons reprécisé à nos interlocuteurs le type d'actions pour lesquelles nous pourrions leur apporter notre soutien.

Enfin, le samedi matin, nous nous sommes rendus à Ebang, dans la proche banlieue de Yaoundé, où nous avons pu visiter un projet d'élevage de porcs au sujet duquel nous avions reçu une demande de soutien pour l'aménagement d'un puits. Cette visite sur place nous a permis d'obtenir les réponses aux principales questions que nous nous étions posées lors de l’étude approfondie de ce projet.

Nos impressions suite à cette semaine de mission à Yaoundé sont donc très positives quant au contenu des manifestations auxquelles nous avons pris part, dont nous espérons qu’elles marqueront le renouveau tant attendu de l’UFA.

 

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Rapport de la Société Haïtienne d’Aide aux Aveugles (SHAA) présenté au symposium de l’UFA
par Dr Michel A. Péan (Coordonnateur National / SHAA)

 

C’est un immense plaisir pour moi d’être avec vous aujourd’hui, au Cameroun, sur la terre africaine, la terre de mes ancêtres, pour participer au symposium de l’UFA et à son auguste assemblée générale.

D’entrée de jeu, je voudrais remercier le gouvernement du Cameroun, l’UFA et toutes les autres institutions qui ont facilité cette rencontre en mettant à notre disposition les moyens nécessaires à son organisation et à sa réalisation.

En août dernier, monsieur Paul Tezanou, en sa qualité de président par intérim de l’UFA, m’a demandé de préparer un rapport pour être présenté à l’assemblée, relatif aux actions de solidarité de l’UFA à l’égard d’Haïti via la SHAA, suite au tremblement de terre dévastateur du 12 janvier 2010.

Compte tenu du rôle prépondérant joué par madame Françoise Madray Lesigne, Monsieur Paul Tezanou et madame Marjorie Théodore, dans ce processus de solidarité vis-à-vis d’Haïti, je tiens, au nom de la SHAA que je représente ici, à les saluer de manière vraiment spéciale, tout en exprimant à l’ensemble des membres de l’UFA, nos plus profonds sentiments de gratitude.

Trois points seront abordés dans ce rapport, certes succinct, mais précis et clair :

 

I. Rétrospective

 

Je n’ai pas envie franchement de rappeler ici tout ce qui s’était passé, tout ce que le peuple haïtien a enduré avec une grande capacité de résilience, à l’occasion du 12 janvier 2010. Cependant, par devoir de mémoire, il importe de signaler les faits suivants :

- Haïti a eu trois cent mille morts, deux cent cinquante mille blessés et deux cent mille maisons détruites, entre autres, les édifices publics dont le palais national, le palais de justice, le palais des ministères, la direction générale des impôts etc.

- Sur le plan économique, les pertes enregistrées sont équivalentes au PIB de la Nation, soit sept milliards de dollars US.

- Au sujet de la SHAA, le local s’est effondré, occasionnant ainsi des pertes considérables en matériels et équipements (générateur, onduleur, ordinateurs, imprimantes, bureaux, chaises, classeurs etc.), en documents d’archives et livres de lecture (plusieurs milliers). Ce jour-là, nous avons perdu Immacula Pierre Louis, une secrétaire de direction exemplaire et qui est restée gravée dans notre mémoire.

 

II. Période d’urgence (2010-2011)

 

Au lendemain du 12 janvier, en fonction des besoins identifiés et des demandes exprimées, la SHAA a élaboré un programme d’urgence, au bénéfice des victimes de cette catastrophe vivant avec une déficience visuelle. Ce programme a vite reçu l’aval de l’Association des Aveugles et Amblyopes Haïtienne du Québec (AAAHQ), du Conseil Caribéen des Aveugles (CCB), de Sight Savers International (SSI), de la Christian Blind Mission (CBM) et de l’Union Mondiale des Aveugles (UMA).

Dans le cadre de cette initiative, il a été possible de relocaliser le bureau central de la SHAA et de le rendre opérationnel par l’acquisition de nouveaux stocks de matériels, équipements et fournitures de bureau, de supporter pendant un an 636 personnes aveugles et malvoyantes au moyen de kits alimentaires, d’apporter une aide financière directe à 125 personnes, membres de la SHAA, qui avaient perdu leurs petites entreprises, d’encadrer sous diverses formes une soixantaine d’élèves et étudiants non-voyants, et finalement de procéder pour la SHAA à l’achat d’une large portion de terre en vue de rebâtir les locaux de l’Institution.

 

III. Période de reconstruction (2011-2014)

 

Avec le support technique de Perkins School for the Blind, et plus précisément de Monsieur Aubrey Webstone, la Société Haïtienne d’Aide aux Aveugles a conçu et implémenté un plan de développement d’une durée de trois à quatre ans. Il comporte, entre autres, la reconstruction du bureau central, l’acquisition d’un véhicule tout terrain, pour les activités de suivi et d’évaluation, la remise en état de fonctionnement de tous les services communautaires de la SHAA (prévention de la cécité, réhabilitation, éducation inclusive, plaidoyer, micro crédit, formation professionnelle et nouvelles technologies adaptées).

C’est dans le cadre de ce plan de développement que l’UFA et les organisations françaises d’aveugles comme l’AVH, Voir Ensemble, le GIAA, la FAF etc., aux côtés d’autres institutions, telles la ONCE, l’Association for Aid and Relief du Japon, l’Association Norvégienne des Aveugles et des Malvoyants, l’UMA etc., sont intervenues en apportant un support multiforme à la SHAA. Il consiste en ceci :

- Novembre 2011 : envoi de lots de matériels adaptés à des fins d’encadrement pédagogique des élèves déficients visuels de la SHAA et de l’École St Vincent, victimes de la catastrophe du 12 janvier. Parmi ces matériels, nous pouvons citer : planches à dessiner, feuilles à dessin format, fils au noir, fils au bleu, kits géométriques, règles graduées, papier braille.

- Novembre-décembre 2011 : organisation en Haïti (Port-au-Prince), d’une session de formation de deux mois, à l’intention des éducateurs spécialisés de la SHAA et de l’École St Vincent sur la pédagogie intégrée, le système braille intégral et abrégé, l’enseignement des mathématiques aux non-voyants. Cette formation a été conduite par monsieur Matthieu Gaborit auprès de 19 participants (13 hommes et 6 femmes).

- Octobre 2012 : réception d’un nouveau stock d’équipement divers et de matériels pédagogiques adaptés (maillots à slogan de Handicap International, porte-documents équipés, tablettes à cuvettes, planches à calculer, boîtes de cubes, bouliers, poinçons).

- Septembre 2013 : mise à la disposition de la SHAA d’un fonds de garantie de 19.000,00 dollars US pour supporter des activités génératrices de revenus, au bénéfice de 23 victimes adultes de la catastrophe du 12 janvier 2010 (14 hommes et 9 Femmes).

- Mars 2014 : transfert de banque à banque à l'association Vues et Voix de Montréal d’un montant de 10.342,66 dollars US reçus de l'UFA pour tout ce qui est en rapport avec l’installation d’une bibliothèque sonore à la SHAA.

- Décembre 2014 : formation au Canada, à Vues et Voix, pendant 2 semaines, de deux cadres professionnels de la SHAA sur les techniques d’enregistrement et la gestion d’une bibliothèque sonore.

- Juillet 2015 : dédouanement à Port-au-Prince, suite à d’énormes péripéties et tracasseries administratives, de 9 colis en provenance de Vues et Voix comprenant des livres en audio, des ouvrages en caractères réguliers, et du matériel informatique pour le studio d’enregistrement.

 

Il convient de noter que la Bibliothèque Spécialisée Roger Dorsinville de la SHAA dispose d’un fonds documentaire de 5219 ouvrages, répartis de la manière suivante :

- 665 livres sonores

- 3809 ouvrages en caractères réguliers

- 745 livres en écriture braille.

Les abonnés de la bibliothèque sont au nombre de 374, soit une augmentation de 66% par rapport à la période d’avant le tremblement de terre du 12 janvier 2010.

 

En matière éducative, au cours de ces 2 dernières années académiques, les résultats aux examens officiels d’État (neuvième année fondamentale, BAC 1, BAC 2), des élèves non-voyants affiliés à la SHAA se situent entre 85% et 90% de réussite.

 

Au niveau des activités génératrices de revenus, la SHAA a supporté, en 2012-2013, 103 micro-entrepreneurs dont 25% avec la contribution financière de l’UFA et des organisations françaises d’aveugles.

 

Ces quelques résultats concrets prouvent que l’UFA, dont l’aide se circonscrit essentiellement dans les domaines de l’éducation, du micro financement et de la lecture publique, a été d’un apport considérable au relèvement de la SHAA après la catastrophe du 12 janvier et, de surcroît, à l’amélioration de la qualité de vie des victimes non-voyantes de cet événement tragique, jamais enregistré dans les annales de notre histoire.

En ce sens et encore une fois, nous ne pouvons que remercier l’UFA et ses partenaires pour leur soutien et leur compréhension.

 

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Disparition d’Ismaël Konaté, père fondateur des associations des aveugles au Mali

 

Le Mali vient de perdre un grand baobab.

Ismaël Konaté s’en est allé, le samedi 21 novembre 2015, des suites d’une longue maladie. Ce grand homme a mûri l’idée de l’Institut des jeunes aveugles du Mali dont il fut le premier directeur. Il fut également l’initiateur de l’Union Africaine des Aveugles et l’un des membres fondateurs de l’Union mondiale des aveugles.

 

Ismaël Konaté était un cadre et fonctionnaire de l’État malien. Il fut directeur de cabinet au gouvernorat de Gao. C’est en 1964 qu’il a perdu l’usage de ses yeux, un handicap qui n’entamera jamais sa détermination. Il se mettra vite à l’apprentissage de l’écriture braille et en fera profiter d’autres. En 1972, il crée avec ses amis l’Association Malienne pour la Promotion Sociale des Aveugles (AMPSA). Celle-ci sera à la base de l’ouverture, le 15 octobre 1973, de l’Institut des jeunes aveugles de Faladié (IJA), une école qu’Ismaël Konaté va diriger.

Soucieux de la promotion des aveugles, il crée en octobre 1984 l’Union Malienne des Aveugles (UMAV). Cette association gère en même temps l’école (l’IJA) et l’Institut national des aveugles du Mali. Ismaël Konaté ne se battra pas seulement pour les aveugles. Avec d’autres camarades, il met en place la Fédération Malienne des Personnes Handicapées, qu’il dirigera de 1994 à 2007. À la même date, le gouvernement fait appel à lui et le nomme chargé de mission au ministère du Développement social, où il travaillera de jour comme de nuit pour défendre les intérêts des personnes handicapées et des couches défavorisées.

Médiateur respecté dans plusieurs crises, Ismaël Konaté était membre fondateur de l’Union Africaine des Aveugles (UAFA), tout comme de l’Union Mondiale des Aveugles. Son engagement pour la cause des personnes handicapées en général, et des femmes en particulier, le conduira à créer une Fondation qui porte son nom afin de relever de nombreux défis dans le cadre de l’insertion socioprofessionnelle des personnes handicapées. La Fondation Ismaël Konaté a vu le jour en 2010.

Ismaël Konaté a toujours recommandé à la jeunesse malienne plus d’ardeur, pour contribuer à l’essor du pays. Il aura été de tous les combats pour la promotion, l’insertion, en un mot, l’amélioration des conditions de vie et de travail des personnes handicapées. On se souviendra de ses interpellations des pouvoirs publics, lors des éditions du mois de la solidarité, sur ce que doit être leur part de solidarité vis-à-vis d’une population vulnérable certes, mais capable de contribuer au développement national, à condition d’être outillée.

 

Kassim TRAORE, http://maliactu.net/

 

NDLR : Nous avons également appris le décès, survenu le 22 février 2016, de Monsieur Soli AbdoulRahamane, fondateur de l’Union Nationale des Aveugles du Niger, ancien Ministre de la justice et magistrat. Nous avons transmis nos condoléances attristées au président actuel de l’UNAN, monsieur Moussa Nasser, et formons le vœu que son parcours remarquable serve d'exemple aux nouvelles générations de personnes aveugles et malvoyantes du Niger et des autres pays francophones.

 

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Histoire d'un uru (1)
(poème de Véronique Laurès)

 

Il était rond comme un ballon

Il était lourd comme du plomb

Il se balançait doucement

Au gré des parfums et du vent.

 

Il avait plutôt la peau dure

Bien qu'il ignorât l'aventure

Ses ancêtres étaient nés ici

Sous le ciel de Polynésie.

 

Du haut de sa drôle de maison

Il dominait la situation

Il se moquait des ananas

Qui mûrissaient beaucoup plus bas.

 

Il racontait que l'océan

respirait fort comme le tonnerre

Entourait de tendres manières

Le sable noir, le sable blanc.

 

Il voyait flambeaux et lanternes

Opuhi et roses de porcelaine

Crêtes de coq et tipanié

Flamboyants et bougainvilliers.

 

Il voyait surtout la p'tite fleur

Dont on n'épargne pas le coeur

Il avait horreur des colliers

Depuis qu'il aimait un tiaré.

 

Il connaissait bien les cascades

Les montagnes qu'on escalade

Les beaux jardins et les cent pieds

Le vol des merles effrontés.

 

Il parlait même de Papeete

Coiffée de son hôtel de ville

Qui avait grandi comme le palais

De la souveraine de l'île.

 

Les habitants de Tahiti

Ne faisaient pas beaucoup de bruit

Mais derrière cette discrétion

Il devinait quelques tensions.

 

C'est ainsi que tournait sa planète

Puis un jour il y eut la fête

Et le uru fut déposé

Sur un lit de pierres chauffées.

 

Il termina sur une table

Encouragé par ses semblables

C'est pas partout qu'on est mangé

Bercé par des ukulélés.

 

Uru : n. m. fruit de Tahiti à la chair farineuse, qui se mange cuit.

 

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Burkina Faso: Éducation inclusive :
Étape-bilan d’un projet en faveur des enfants
en situation de handicap visuel

 

Ouagadougou a abrité, du 16 au 18 décembre 2015, un atelier sous-régional sur l’éducation des enfants handicapés visuels de l’Union Africaine des Aveugles (UAFA) zone Afrique de l’ouest francophone. Au cours de cette rencontre, les participants ont fait le bilan de six ans de décentralisation de l’éducation inclusive mise en œuvre par l’Union Nationale des Associations Burkinabè pour la Promotion des Aveugles et Malvoyants (UN-ABPAM). La cérémonie était placée sous la présidence du ministre de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation.

 

S’il est vrai que la déclaration universelle des droits de l’homme, la Constitution burkinabè et tous les instruments juridiques reconnaissent que « l’éducation, l’instruction, la formation (…) constituent des droits sociaux », il est d’autant plus déplorable de constater que les personnes en situation de handicap peinent à bénéficier de ce droit élémentaire. Ce, malgré la loi 012 du 1er avril 2010 portant promotion et protection des droits des personnes handicapées.

Afin de changer la donne, l’UN-ABPAM, de concert avec l’Enseignement catholique, a initié en 2009 un projet dénommé « Accès à l’éducation spécialisée et intégrée adaptée pour des enfants vivant avec un handicap visuel au Burkina Faso ». Six ans après sa mise en œuvre, quel est le bilan du projet ? C’est la grande question qui réunit près d’une centaine de participants venus de huit pays de la sous-région. Durant deux jours, les participants se familiariseront avec le modèle d’éducation inclusive de l’UN-ABPAM que préside Guy Yaméogo, et, du même coup, partageront leurs expériences en la matière, ce qui permettra de définir une stratégie d’action commune.

 

L’inclusion, une nécessité

« Toute politique ou stratégie de développement entreprise est tenue de prendre en compte désormais la problématique de l’inclusion au risque de ne pas atteindre les résultats escomptés », estime le ministre de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation, Samadou Coulibaly. Et si le Burkina Faso veut atteindre d’ici 2030 les objectifs de développement durable (ODD) en matière d’éducation, il devra prendre en compte toutes les personnes en situation de handicap. Et pour ce faire, le ministre pense qu’au nom de ce principe d’inclusion, « l’école et le système éducatif ont à changer afin de répondre aux besoins individuels de tous les apprenants avec ou sans handicap ».

 

Une victoire d’étape

Dans son allocution, Samadou Coulibaly a également félicité l’UN-ABPAM et ses partenaires tels que Sensorial Handicap Corporation (SHC) et le Secrétariat national de l’enseignement catholique au Burkina Faso (SNEC) pour leur dynamisme et leur combat quotidien dans la restauration de la dignité des personnes en situation de handicap visuel. Grâce au projet, 96 élèves ont été admis dans les classes transitoires et 67 en inclusion dans les classes ordinaires.

Pour sa part, le Conseil National de la Transition (CNT) avait adopté la veille, le 15 décembre 2015, la stratégie nationale de l’éducation inclusive.

 

Le coup de pouce de l’action sociale

Dans son mot, la représentante de la ministre de l’Action sociale et de la Sécurité nationale, Angéline Yélémou/ZAN, marraine de la cérémonie, a rappelé les efforts consentis par le département en faveur de l’UN-ABPAM et des associations impliquées dans la prise en charge des enfants en situation de handicap.

Ainsi, de 2013 à 2014, ces structures ont bénéficié d’un appui financier de plus de 72 millions de F CFA. Par ailleurs, elle a assuré les participants à l’atelier qu’elle saisira « toutes les occasions pour faire la promotion du projet de l’UN-ABPAM ».

 

En rappel, les participants ont observé une minute de silence à la mémoire d’Ismaël Konaté, décédé le 21 novembre 2015 à Tunis des suites d’une longue maladie. Il était le Président de l’Union Malienne des Aveugles (UMAV).

 

Herman Frédéric BASSOLE, Lefaso.net

 

Les personnes en situation de handicap en chiffres

Selon le Recensement Général de la Population et de l’Habitation (RGPH) de 2006, au Burkina Faso, seuls 12,7% des personnes vivant avec un handicap ont fréquenté l’école formelle avec 8,5% au primaire, 3,5% au secondaire, 0,7% au supérieur et 0,1% au préscolaire. Quant au recensement général des enfants handicapés de 2013, il indique une population de 79.617 enfants, avec 40% de sexe féminin et 60% de sexe masculin. Le taux de scolarisation des enfants handicapés oscille entre 1% et 5% dans les pays en voie de développement, et selon l’UNICEF, une personne sur dix est porteuse de déficience.

 

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Madagascar : « L’informatique Braille
constitue ma seconde chance »

 

Âgée de 27 ans, Faraniaina Narindra Rasoarilala, malgré son handicap, veut bien entrer dans le monde professionnel et cesser d’être une charge pour sa mère après avoir eu son certificat d’apprentissage en informatique. Ayant suivi des formations spécialisées en « informatique braille », pendant un an au sein du Centre national de formation professionnelle des personnes en situation de handicap (CNFPPSH) à Ampandrianomby, cette jeune femme aveugle espère atteindre ses objectifs.

 

Les Nouvelles : Quel est votre intérêt dans l’apprentissage de l’informatique ?

Faraniaina N. Rasoarilala : Le fait qu’actuellement, sont considérées analphabètes les personnes qui ne savent pas utiliser un ordinateur m’a incitée à renforcer mes capacités dans le domaine des technologies de l’information et de la communication (Tic). Je maîtrisais déjà les règles de base de l’informatique avant que je ne sois devenue malvoyante, il y a cinq ans de cela. Les formations spécialisées pour les personnes aveugles, que j’ai suivies auprès du CNFPPSH, complètent ce que j’ai déjà appris et maintenant je suis fière des progrès que j’ai pu faire en un an de formation.

- Quels sont vos objectifs, maintenant que vous avez votre certificat d’apprentissage en informatique braille ?

- Devenue aveugle à l’âge de 22 ans à cause d’une cataracte, au moment où je préparais ma licence en droit, mon rêve de devenir juriste s’est éclipsé. Cette formation au CNFPPSH constitue pour moi une seconde chance pour réussir ma vie professionnelle. Maintenant que je maîtrise bien l’informatique (bureautique et Internet), je veux devenir secrétaire de direction, ou assistante d’administration au sein d’une entreprise de la capitale. Mes études supérieures en droit, que j’ai suivies pendant trois ans à l’université d’Antananarivo, constituent pour moi un plus que je peux apporter au profit des entreprises qui voudraient bien me recruter.

- D’après vous, y a-t-il des obstacles qui vous empêchent d’atteindre vos objectifs ?

- Plusieurs obstacles empêchent les personnes en situation de handicap (PSH) d’intégrer le monde professionnel, si l’on ne cite que le fait que bon nombre d’entreprises hésitent encore à embaucher des handicapés, en dépit de leur performance, sous prétexte que ces derniers leur génèreront des charges supplémentaires. À vrai dire, la ratification par Madagascar de la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées n’a pas encore permis aux PSH de jouir de leurs droits, surtout le droit d’avoir du travail. À ce problème, lié à la perception négative des PSH, s’ajoute celui de l’accessibilité des bureaux et sièges de la majorité des entreprises dans le pays. Même si j’ai pu relever le défi d’avoir ce certificat, mon chemin vers le monde professionnel, comme celui des 38 autres jeunes handicapés de la même promotion que moi, paraît encore long. C’est pourquoi je lance, au nom de la promotion « Fanilo », dont les membres viennent d’avoir leur certificat dans différents domaines au sein du CNFPPSH, un appel aux autorités compétentes afin qu’elles nous donnent l’opportunité de mettre en valeur nos acquis.

 

Propos recueillis par Fahranarison

 

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La Mission Chrétienne pour Aveugles
et Analphabètes à Bukavu
(République Démocratique du Congo)
par le pasteur Jean-Pierre Ibucwa

 

La Mission Chrétienne pour Aveugles et Analphabètes contribue à améliorer la vie des déficients visuels à travers les actions visant le développement holistique dans les communautés de base. L’association s'est faite connaître dans la région par son travail de réinsertion économique des déficients visuels, par des campagnes de lobbying et de plaidoyer en leur faveur. L’alphabétisation en braille et l’éducation des jeunes handicapés de la vue permettent de rompre le cercle vicieux de la pauvreté, de l’ignorance et de la discrimination dont sont souvent victimes les aveugles et les malvoyants.

 

La situation des aveugles et malvoyants au Sud-Kivu en RDC est très alarmante. L’homme est en lutte perpétuelle pour survivre, pour conquérir son bonheur. Il déploie toutes ses capacités créatrices pour y parvenir, mais la société a une grande part de responsabilité dans cette lutte, celle de mettre à la disposition de chacun le nécessaire pour lui permettre de s’épanouir et de contribuer au bien-être de son groupe d’appartenance.

Hélas, dans la province du Kivu, les handicapés de la vue et leurs proches sont trop souvent marginalisés. Fréquemment abandonnés à eux-mêmes, ils ne connaissent que la pauvreté, l’ignorance, la misère, la faim, la maladie et le désespoir. Les déficients visuels sont condamnés à mendier pour leur survie. Ils n’ont pas accès aux services sociaux les plus élémentaires : l’éducation, la formation professionnelle, la santé, l’économie, la politique. Ils traînent comme des esclaves, dépendants de la mendicité publique, complètement marginalisés.

Pour améliorer les conditions de vie des aveugles et des malvoyants au Sud Kivu, un programme d’appui à la promotion des initiatives génératrices de revenus en leur faveur a été initié par MCA, PAGRAM, projet par lequel l’association lance un cri d’alarme et propose une planche de salut. Ce programme de développement vise à donner aux déficients visuels la possibilité de passer du statut de mendiant professionnel à celui de producteur.

La Commission de la Solidarité Internationale de Voir Ensemble a été la première organisation à soutenir ce programme de développement. Aujourd’hui, grâce à l’appui de la CSI, les aveugles et les malvoyants gèrent leurs propres activités génératrices de revenus ; ils commencent à se sentir utiles à leurs familles et à leur environnement.

 

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Retrouvailles
(poème de Véronique Laurès)

 

C'est fou ce qu'on se ressemble

C'est fou ce que nos différences

Se plaisent à être ensemble

Au ciel de la transparence

Sais-tu les feux que rayonnent

Tes soleils et tes diamants

Sais-tu combien tu m'étonnes

Malgré le défi du temps.

 

Un parfum léger flotte dans le soir

Un parfum précieux déjà respiré

Inonde la plaine où je vais m'asseoir

Tandis que demain se fait moins discret

Un parfum tenace envahit ma gorge

Lorsque la senteur devient sentiment

Bien plus consistant que le blé ou l'orge

Bien plus savoureux que le miel des champs.

 

Un parfum suave s'écoule en mes veines

Plus chaud que le sud d'où tu me reviens

Plus vif que le nord qui te va si bien

Plus puissant que l'eau quand elle se déchaîne

Hier me sourit, bouclant ses valises

Voilà qu'il emporte même l'impatience

Voilà qu'à ma porte déjà ta présence

Reflète une image qui se précise.

 

C'est fou ce qu'on se ressemble

C'est fou ce que nos différences

Se plaisent à être ensemble

Au ciel de la transparence

Sais-tu les feux que rayonnent

Tes soleils et tes diamants

Sais-tu combien tu m'étonnes

Malgré le défi du temps.

 

Jamais ni rien ni personne

N'a pu séparer nos mains

Ici la fête résonne

Tandis que tu me rejoins.

 

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Rapport d’activité du projet de renforcement de capacité de la cellule de transcription de l’Université de Lomé au Togo

 

Le projet de renforcement des capacités de la cellule de transcription de l’Université de Lomé, présenté par l’association Action pour le Bien-être et l’Épanouissement des Aveugles (ABEA), a été exécuté par le Service d’appui à la formation et à l’évaluation des étudiants en situation de handicap (SAFESH) de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Lomé. Son coût global de 5 983,46 euros a été réuni par un cofinancement de trois institutions :

- Commission de la Solidarité Internationale de Voir Ensemble : 2500 euros ;

- Association Valentin Haüy : 2000 euros, auxquels s’est ajouté un don du logiciel de transcription DUXBURY ;

- Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Lomé : 1525,49 euros.

 

Ce projet a pour but d’améliorer la transcription en braille des supports de cours, et surtout les épreuves d’examens à destination d’une trentaine d’étudiants non-voyants de l’Université de Lomé.

Initialement prévu pour le 1er septembre 2014, le démarrage du projet est intervenu en février 2015, après la réception de l’embosseuse le 21 novembre 2014 et le don de deux ordinateurs par le Professeur Yaovi AKAKPO, Doyen de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines (FLESH), conformément à sa lettre d’engagement d’avril 2014.

En juillet 2015, l’encaissement du reliquat du financement d’un montant de 500 euros a permis de régler les frais d’installation, d’acheter du papier braille, un scanner, des accessoires informatiques et d’assurer la formation du personnel d’encadrement à l’utilisation du nouvel équipement.

Lors des examens de cette année académique, toutes les épreuves ont été transcrites en braille. Finies les peines de transcription à la machine Perkins ! C’est avec beaucoup de satisfaction que les étudiants et l’équipe des encadreurs ont vécu les périodes d’évaluation. Les bénéfices de cet équipement se mesurent d’ores et déjà à travers les performances des résultats de l’année académique 2014-2015.

La visite au Doyen de la Faculté des lettres et sciences humaines de l’Université de Lomé par notre compatriote, M. Nicolas KOKOUMA, membre de la Commission de la Solidarité Internationale de Voir Ensemble (CSI), lors de sa mission au Togo en avril 2014, a été déterminante pour la réussite de ce projet. Il l’a convaincu de l’intérêt du projet et a obtenu son implication et son soutien sous la forme d’un cofinancement.

Toute la communauté universitaire de Lomé saisit cette occasion pour remercier ses bienfaiteurs, les associations Voir Ensemble et Valentin Haüy, pour leur contribution au succès de ce projet qui facilite ainsi la formation inclusive des étudiants non-voyants.

 

KOMIVI Boko, responsable de la celllule de transcription

 

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Une jeune femme non-voyante crée un service
de vente de matériel braille au Togo

 

Née en 1985 et souffrant de problèmes de vue depuis l'âge de trois ans, ADADE Amélé Wofia a commencé le cours primaire à 8 ans au centre des aveugles d'Atéda à 5 kilomètre de la ville de Kara, au nord du Togo. Après l'obtention de son CEPD en 1998, elle a été inscrite au collège Chaminade, où elle a obtenu son BEPC en 2002. Faute d'encadreur pour la suivre au deuxième cycle du secondaire, elle a dû quitter le collège Chaminade, qui fait partie des meilleurs collèges du Togo, pour intégrer le collège Protestant de Kpalimé, également assez renommé. Après l'obtention de son bac, elle s'est inscrite à l'Université de Lomé, où elle prépare actuellement une thèse en Sociologie du Changement et du développement. Entre-temps, pour être plus professionnelle et sortir un peu du monde de la recherche, elle fait un Master en Gestion de Projet.

 

Les établissements WOFIA :

Créés en juin 2015 par ADADE Amélé Wofia, une jeune femme en situation de handicap visuel, les établissements Wofia sont basés à Lomé (capitale du Togo) et s’ajoutent à la liste des quelques boutiques de vente de matériels braille dans la sous-région.

 

Produits et services :

Les Établissements Wofia commercialisent des matériels et fournitures braille tels que tablettes, poinçons, feuilles braille, imprimantes braille, machines Perkins, cannes blanches, écrans agrandisseurs et autres matériels braille. Les Établissements Wofia peuvent également vous fournir des matériels et fournitures de bureau et des services informatiques car nous avons au sein de notre équipe un ingénieur en réseau et sécurité et des techniciens pour l’installation de l’imprimante braille.

Il est à noter que nous disposons également de ressources humaines pour une formation de qualité dans les domaines suivants : l’installation et l’entretien de l’imprimante braille, le handicap, le développement inclusif, le montage et la gestion de projet et l’entreprenariat.

Vision :

La jeune entreprise a pour vision de promouvoir l’intégration complète et parfaite des personnes en situation de handicap visuel en leur permettant d’avoir un environnement adapté et facilitateur. Elle veut également être une structure promotrice de l’emploi de ces personnes.

 

Contacts :

Nous sommes joignables aux coordonnées suivantes :

Courriel : adade.amele@gmail.com

Tel : 00228/90 17 26 27, 00228/99 59 82 87, 00228/26 70 16 29.

 

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Mise en œuvre du projet Kekeli-Djama
au profit des enfants handicapés visuels

 

Les cadres dirigeants des organisations impliquées dans la mise en œuvre du projet pilote Kekeli-Djama se sont retrouvés à Lomé, du 30 novembre au 4 décembre 2015, pour le compte de leur quatrième rencontre. Venus du Bénin, du Burkina Faso, du Mali, du Niger et du Togo, ils étaient à Lomé pour inventorier les activités menées dans le cadre de ce projet, mesurer les difficultés rencontrées afin d’envisager de nouveaux horizons visant le développement harmonieux des enfants handicapés visuels.

 

Cette quatrième rencontre des acteurs du projet Kékéli-Djama a été ouverte par le ministre de l’Action Sociale, de la Promotion de la Femme et de l’Alphabétisation, Mme Tchabinandi Kolani-Yentcharé, en présence du directeur général de la Mutualité Française, M. Francis Guiteau et de M. Sébastien Guégniard, administrateur de projets Afrique de cette Mutualité, partenaire dudit projet. Mise en oeuvre depuis 2012 avec l’appui technique de l’Institut Montéclair d’Angers (France), le projet Kékéli-Djama (lumière pour tous) vise à briser les obstacles liés au développement de l’enfant handicapé visuel, en mettant l’accent sur les facteurs qui peuvent concourir à son ouverture sur le monde. C’est un projet de trois ans, qui a permis la mise en place d’une plate-forme virtuelle et l’organisation de séances de formation des professionnels du secteur de la prise en charge des élèves non et malvoyants.

Ces formations ont porté sur des thématiques relatives à l’enseignement spécialisé, à l’informatique adaptée, à la transcription en braille de documents, aux activités de la vie professionnelle ainsi qu’à l’orientation/mobilité.

Dans l’ensemble, toutes les phases du projet se sont bien déroulées, de l’avis du formateur. Sur la base des acquis du projet, qui se termine en 2015, il est envisageable de l’étendre à d’autres pays d'Afrique occidentale et à d'autres handicaps.

Selon la ministre Tchabinandi Kolani-Yentcharé, qui citait l’OMS, sur les 19 millions d’enfants malvoyants dans le monde, moins de 10% ont accès à l’éducation. La probabilité serait plus forte chez ces derniers que chez les enfants voyants de souffrir de malnutrition, de famine, d’abus sous toutes leurs formes, d’un manque de loisir, d’un défaut de soins sanitaires et de mortalité infantile. Pour faire face à ces défis, le Togo a pris des mesures visant à offrir un meilleur cadre de vie aux enfants handicapés. La Ministre a mentionné le Code de l’enfant, la subvention aux écoles spécialisées, la ratification de la Convention relative aux droits des personnes handicapées, la validation institutionnelle du manuel de formation en éducation inclusive… À cet égard, elle a salué le projet pilote dont les objectifs se rattachent à la politique du gouvernement togolais.

Auparavant, le président de la FETAPH (Fédération Togolaise des Associations de Personnes Handicapées), et président de l’Association Togolaise des Aveugles (ATA), M. Komivi Ayassou, avait exprimé sa gratitude au gouvernement pour ses efforts en faveur des personnes handicapées.

 

FETAPH Info N° 37

 

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Courrier du Sud

 

Courriel reçu le 29 décembre 2015 de la coopérative "Femmes en action pour le développement" (Lomé, Togo)

 

NDLR : Après avoir publié, dans notre numéro précédent, un courriel faisant état des difficultés multiples qui retardaient la concrétisation du projet d'exploitation d'un moulin que nous avions financé en 2014, nous avons le plaisir de vous faire part aujourd’hui de l'heureux épilogue de ces mésaventures, dont les protagonistes reconnaissent elles-mêmes les vertus formatrices.

 

Monsieur le président,

Nous voulons, par la présente, vous informer que nous avons débuté nos activités d'exploitation du moulin.

Les derniers détails de l'installation ont pris fin le 22 décembre 2015, puis le moulin a commencé à fonctionner le 23. Et comme de coutume chez nous, cette première journée a été consacrée à sensibiliser les riverains et à les inviter à venir moudre gratuitement.

Ça a été une grande joie pour nous de voir notre projet concrétisé, chose qui n'aurait pas été possible sans votre confiance et votre patience à notre égard.

Nous vous remercions sincèrement pour tout et nous nous engageons à tout mettre en œuvre pour assurer le bon fonctionnement du moulin.

Par ailleurs, nous voulons aussi vous assurer que nous avons beaucoup appris avec la réalisation de ce projet. Les difficultés traversées, loin de nous déstabiliser, ont au contraire contribué à consolider notre équipe. Nous avons acquis une certaine maturité. Nous sommes vraiment fiers de cette réalisation et vous prions une fois encore d'accepter nos sincères excuses pour le retard accusé.

Nous vous joignons à ce message des photos de l'ouvrage réalisé et vous tiendrons informés de l'évolution des activités.

 

Tout en vous renouvelant nos sincères remerciements, veuillez agréer monsieur le président, l'expression de nos salutations reconnaissantes.

 

La Présidente, KOVI Akouvi T.

 

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Rubrique humour

 

Un ou une ordinateur ?

 

Une enseignante francophone expliquait à sa classe que dans la langue française les noms, contrairement à l'anglais, sont désignés au masculin et au féminin.

Par exemple : maison est féminin... une maison ; crayon, par contre, est masculin... un crayon.

Un élève demanda à l'enseignante de quel genre est donc le nom ordinateur.

Au lieu de donner la réponse, l'enseignante sépara la classe en deux groupes, garçons et filles, et leur demanda de décider par eux-mêmes si ordinateur est masculin ou féminin. Elle demanda à chaque groupe de donner 4 bonnes raisons pour appuyer sa recommandation.

 

Les garçons décidèrent à l'unanimité que ordinateur est définitivement féminin (la ordinateur) parce que:

1. Personne autre que son créateur ne comprend sa logique intérieure ;

2. Le langage de base que les ordinateurs utilisent avec d'autres ordinateurs, est incompréhensible pour tout le monde ;

3. Même la plus petite erreur est gardée en mémoire vive à long terme pour être ramenée à la surface plus tard ;

4. Aussitôt que vous utilisez régulièrement une ordinateur, vous vous exposez à dépenser la moitié de votre chèque de paie pour des accessoires pour elle.

 

Le groupe de filles, toutefois, conclut que l'ordinateur est masculin parce que:

1. Afin d'accomplir quoique ce soit avec lui, tu dois l'allumer ;

2. Il est bourré de matériel de base, mais ne peut penser par lui-même ;

3. Il est censé régler beaucoup de problèmes, mais la moitié du temps, il est le problème lui-même ;

4. Aussitôt que tu en utilises un régulièrement, tu réalises que si tu avais attendu un peu, tu aurais obtenu un meilleur modèle.

 

Les filles ont gagné !

 

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Recette : Tajine à la marocaine

 

Temps de préparation : 40 minutes

Temps de cuisson : 45 minutes

 

Ingrédients (pour 4 personnes) :

- 4 cuisses de poulet

- 1 gros oignons coupé en rondelles

- 2 gousses d'ail hachées

- 2 tomates pelées, épépinées et coupées en dés

- 1 cuillère à café de paprika

- 1 cuillère à café de mélange 4 épices

- 1 cuillère à café de cannelle

- 1 cuillère à café de cumin

- 1 cuillère à café de safran

- ½ cuillère à café de gingembre

- 1 petite boîte de pois chiches

- 1l d'eau bouillante avec 2 cubes

- 1 citron pelé et coupé en dés grossiers

- 3 cuillères à soupe de miel

- 100 g de raisins secs

- sel, poivre et un peu de tabasco

 

Préparation :

 

Dans un bol, mélanger les épices et les gousses d'ail.

Dans un autre bol, mélanger les dés de tomates, de citron et le miel. Retirer la peau du poulet et le faire dorer dans une cocotte bien chaude avec un peu d'huile d'olive.

Lorsque le poulet est bien doré, le retirer de la cocotte et remplacer par l'oignon (si nécessaire rajouter un peu d'huile d'olive).

Dès que les oignons commencent à être dorés, rajouter les cuisses de poulet, puis le mélange d'épices, le mélange tomates, citron et miel et arroser avec le bouillon jusqu'à bien couvrir les cuisses.

Ensuite rajouter le raisin et les pois chiches, saler, poivrer et rajouter éventuellement du tabasco.

Dès que cela bout, baisser le feu et laisser mijoter environ 45 minutes.

Accompagner de semoule fine, c'est encore meilleur.

Bon appétit !

 

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