SOLIDARITÉ  MAGAZINE

Bulletin Semestriel

de la Commission de la Solidarité Internationale

de Voir Ensemble

 

Numéro 46                                                                 septembre 2016

 

Siège : Voir Ensemble, Solidarité Internationale,

  15 rue Mayet, 75006, Paris

 

Téléphone (Président) : 06 60 63 96 60

Adresse électronique : y.dunand@free.fr

 

CCP : Voir Ensemble, Solidarité Internationale, 5755065L020

 

Équipe de Rédaction : Yves DUNAND, Caty CAVAILLÈS,

Cécile GUIMBERT, Robert DIVOUX.

 

« Là ou l’on sème, il ne fait jamais nuit. »

Proverbe africain

 

Ce bulletin est distribué gratuitement, mais en raison des frais élevés qu'il engendre, les dons à la Commission de la Solidarité Internationale sont les bienvenus. Ces dons peuvent être adressés directement au Siège de l’association, Voir Ensemble, Commission de la Solidarité Internationale, 15 rue Mayet, 75006 Paris. Les chèques doivent être libellés à l'ordre de "Voir Ensemble, Solidarité Internationale". Nous enverrons en retour un reçu fiscal car tout don effectué à une association reconnue d'utilité publique donne droit à une déduction fiscale d’au moins 50% de son montant.

Avec nos plus chaleureux remerciements anticipés !


Au sommaire

 

La solidarité : prendre le relais, une impérieuse nécessité 

Frère

Décès du Père Jean Williet

Une université d’été nouvelle formule :  « Des utopies aux alternatives »

Éclaboussures de lumière :  le second recueil de Véronique Laurès

Bleu, blanc, noir  (poème)

Échos du concert CSI de Nevers

Compte rendu de mission à Fez (Maroc)

Cameroun, Douala, une bibliothèque  pour déficients visuels

WakaWaka, le chargeur solaire et solidaire

Le traité de Marrakech atteint les 20 ratifications  nécessaires pour entrer en vigueur

CCFD-Terre Solidaire : Accueil des partenaires 2016

« La prière est une manière de reprendre  la main sur l’émotion »

De fruits en floraisons  (poème)

Burkina Faso : handicapé visuel,  Saïdou Sondo, un exemple pour la jeunesse

Le sport devient accessible aux malvoyants et aveugles

Courrier du Sud

Rubrique Humour

Recette : Curry d’agneau et noix de coco à l’africaine

 

 

La solidarité : prendre le relais, une impérieuse nécessité
par Caty Cavaillès (vice-Présidente de la CSI)

 

Lorsque Yves Dunand m’a demandé si je voulais rédiger l’éditorial de ce numéro, c’est bien volontiers que j’ai accepté. Comment ne pas participer à un magazine dont je suis convaincue de la pertinence : organe d’information et de réflexion, trait d’union depuis 23 ans entre des partenaires du Sud et du Nord, vecteur de coopération, ferment de fraternité toujours et encore.

Toutefois, le premier moment d’acceptation passé, je me suis interrogée. Concocter un édito, d’accord, mais pour quoi dire, moi qui, depuis 9 ans, me suis peu à peu désengagée, je le reconnais. En effet, quand j’ai passé en 2007 le relais de la présidence de la CSI à Yves Dunand, qui l’a saisi avec dévouement, compétence et efficacité, je désirais prendre du recul après une quinzaine d’années durant lesquelles, à la barre du navire, j’avais assuré l’animation de la Commission de la Solidarité Internationale de notre association, épaulée par l’ensemble du Comité, une équipe inlassablement soutenue par le Conseil d’Administration, tout particulièrement par son Président. Ensemble, en partenariat avec des organisations typhlophiles d’ici et là-bas, nous avions réalisé des actions en collégialité qui m’avaient portée, enthousiasmée, transportée.

Mais voilà, on ne peut être tout le temps sur les flots, on s’essouffle, on a besoin de rentrer au port, on aspire à se ressourcer. Comme lors des Jeux Olympiques, on porte avec conviction la flamme, on la propage, et la richesse vient justement du fait que l’on met en commun nos efforts, l’on se passe la main, « l’union fait la force », l’on se met à plusieurs pour que cette flamme continue de briller encore très haut, même lorsque l’on a soi-même lâché le flambeau. Mère Térésa, récemment sanctifiée, aimait à nous le rappeler, toute sa vie en portant témoignage : « Une goutte d’eau n’est rien, mais unies, toutes les gouttes d’eau forment un océan. »

Pourquoi donc m’étendre aussi longuement sur cet aspect ? Pourquoi même en faire le sujet de cet éditorial ? Serais-je gagnée par un certain nombrilisme déplacé ? J’espère bien que non. Je garde intact en mon cœur un généreux idéal. Oui, je suis mue, comme nombre de militants engagés dans la solidarité à nos côtés en Afrique et ailleurs, par le désir que notre action puisse perdurer. Pour qu’il en soit ainsi, j’enfonce le clou, je martèle, je m’efforce de traduire en mots cette impérieuse nécessité qui s’impose, (il ne faut pas l’éluder) : que d’autres prennent la relève, pour que, quelles que soient les vicissitudes de l’existence, se poursuive notre rêve. En notre nom à tous, j’en exprime en ce jour sans détour avec force l’urgence. La solidarité par-delà les frontières se construit au jour le jour. Nous nous y employons depuis des années. À présent, certains d’entre nous aimeraient progressivement être déchargés. Invitons sans relâche tous ceux que nous rencontrons à s’atteler à cette belle tâche, qui que nous soyons, ici et maintenant, au souffle de l’espérance. Être relayés sans trêve pour que notre beau bateau ne s’échoue pas sur la grève, mais navigue encore longtemps au grand large, dans un élan de fraternité et de confiance.

Quelques mots, en bref, pour vous rappeler que vous trouverez, dans ce numéro, comme à l’accoutumée, un cocktail fortifiant d’articles de réflexion, des comptes rendus de missions, des partages sur des rencontres, des bilans de rassemblements. Vous découvrirez des témoignages éloquents, des projets qui se dessinent, d’autres qui prennent corps, en particulier, la parution du second recueil de poèmes de Véronique Laurès, « Éclaboussures de lumière ». Un présent tout indiqué à Noël, fête de l’amour et de la paix. Et enfin, notre magazine serait incomplet, s’il n’était enluminé par les vers de notre troubadour, s’il n’était pimenté par la rubrique humour, et s’il ne se concluait par la traditionnelle invitation aux marmitons.

Fructueuse lecture ! Que perdure notre belle aventure ! 

 

Saverdun, le 16 septembre 2016

 

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Frère
par Robert Divoux

 

Lire le journal, regarder la télé, écouter la radio met souvent mon moral à l’épreuve… Des milliers, des millions de personnes, hommes, femmes, enfants en souffrance, "emprisonnés" dans leur lieu de vie, dans leur histoire, dans leur cadre mental... Certains écrasés sur place, d’autres en fuite…

Tous nous recevons aussi en pleine figure d’autres formes de violence, dans de nombreux endroits de notre planète. Certaines personnes, certains groupes utilisent les prétextes les plus divers (parfois même, d’ailleurs, ils les inventent) pour s’ériger en juge : "je ne discute pas, on ne se parle pas, je sors de suite les armes (immatérielles comme les mots, ou/et matérielles) et je passe directement à l’attaque. Le dialogue ? Connais pas…"

Souvent une victime collatérale de ces violences est "Dieu". Il se trouve pris en otage, certains lui faisant dire une chose, et d’autres… le contraire ! Ce qui donne argument à une troisième catégorie d’estimer qu’il vaut mieux s’en passer, et même qu’il faut l’écarter car il est très dangereux.

Tel est donc mon état d’esprit ces temps-ci. Ça  ne me plaît guère, et je voudrais réagir. J’essaie :

- 7 milliards de personnes sur notre planète… mais tout le monde ne vit pas dans la misère, dans la violence (encore qu’il y a des misères et des violences de l’esprit que le bien-être matériel dissimule). Disons qu’il y a quand même des milliards de "braves gens". Mais il est difficile pour les médias d’en parler, c’est pourquoi ils n’occupent pas le devant de la scène.

Par conséquent chacun de nous doit gérer de façon autonome son regard, et penser à se réjouir des vraies beautés du monde, en n’oubliant pas la recommandation du renard ami du Petit Prince : « On ne voit bien qu’avec le cœur ».

- Avançons un autre "pion" : une construction sans fondation ne tient pas, c’est évident. Mais alors sur quelles convictions fonder notre lecture du monde ? Il me semble qu’actuellement il faudrait mettre beaucoup plus en valeur un mot : celui de FRATERNITÉ. Et l’on voit de suite les relations de ce mot avec le mot PAIX.

Conviction pleinement humaniste ... et révolutionnaire : tous les hommes sont frères ! Je pense qu’il est indispensable de mettre cette phrase à la base de tout ce que nous bâtissons.

Oh je sais bien que cette affirmation est contredite en permanence par la mondialisation de l'indifférence, le trafic des êtres humains, l'individualisme diffus, le mépris et l'abandon des plus faibles victimes de la mentalité du déchet, l'appétit des gains et du profit sans souci de partage, la maximalisation des intérêts individuels (les expressions sont du pape François). Et ne nous faisons pas d’illusion : la mondialisation rend certes plus proches, mais elle ne fait pas de nous tous des frères.

C’est une bonne raison pour lutter contre ces vents mauvais en construisant solide !

- De plus dans notre France laïque cette fondation peut être reconnue et acceptée par tous. La FRATERNITÉ est dans la devise de notre République. Il serait d’ailleurs bon que chacun à sa manière, dans la vie sociale, en explicite les raisons profondes. Je pense en particulier aux intellectuels, qui me semblent bien timides en ce domaine (mais suis-je bon juge ?)

Enfin, chrétien, je pense que cette FRATERNITÉ est coulée dans le bronze – ou mieux : dans "l’or" - de l’Évangile par ces 2 mots : NOTRE PÈRE…

Alors, soyons présents à la manœuvre !

 

13 juin 2016

 

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Décès du Père Jean Williet
par Cécile Bertram

 

Nous avons appris le décès du Père Jean Williet survenu le 23 avril 2016 à la Maison Saint Jean à Lille. C’était un homme de valeur et de grande culture que certains membres de la CSI ont pu rencontrer et apprécier.

Il était convaincu, et savait communiquer ses convictions, que tout jeune aveugle peut développer sa créativité et ses talents afin d’être acteur de son propre avenir.

Ainsi il offrit aux jeunes déficients visuels les meilleures conditions pour s’instruire et prendre confiance en eux.

Tout dévoué à la cause des jeunes handicapés de la vue, il avait fondé à N’Djamena, au Tchad, le Centre de Ressources pour Jeunes Aveugles (CRJA), qu’il dirigea durant de longues années.  Passionné de pédagogie, il mettait ses multiples talents au service de ses jeunes élèves. Il était sculpteur, peintre, pianiste et auteur de chansons et de pièces de théâtre qu’il prenait plaisir à mettre en scène. 

Certains de ses anciens élèves sont maintenant nos partenaires et nous formons le vœu que, grâce à eux, le Père Jean Williet trouve un successeur qui, avec la même ardeur, fasse vivre cette œuvre si nécessaire et pleine du souvenir de son fondateur.

 

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Une université d’été nouvelle formule :
« Des utopies aux alternatives »
par Marie-Françoise Colin (membre du Groupe Voir  Ensemble du Doubs)

 

Une université d’été nouvelle formule s’est tenue à Besançon du 7 au 10 juillet 2016, principalement dans les locaux de notre université. Avant le Forum Social Mondial de Montréal et la COP 22 de Marrakech, elle a rassemblé des experts français et étrangers, des passionnés et des militants du monde rural ou urbain, sous le titre suivant : « Des Utopies aux Alternatives ».

La nouveauté réside dans le fait que plusieurs réseaux altermondialistes étaient parties prenantes, dont le CCFD Terre Solidaire, le CRID, ATTAC et  RECIDEV, un réseau local ; en tout, une soixantaine d’associations, soit un millier de personnes.

De nombreux thèmes ont été abordés à travers les modules, les ateliers et les animations : la place des femmes, l’accueil des migrants, les conséquences des changements climatiques, l’éducation à la citoyenneté, la communication non-violente…

J’ai choisi d’aller vers ce qui m’était le plus étranger : les traités internationaux d’une part, et d’autre part les moyens de mobiliser les collectivités en faveur du commerce équitable. Je ne le regrette pas !

Les experts, journalistes ou économistes, ont clarifié et disséqué pour nous les accords commerciaux en négociation entre les États-Unis et l’Union Européenne. L’ALENA (traité de libre échange entre les États-Unis, le Canada et le Mexique), fonctionne déjà et nous fait voir ses conséquences désastreuses. Plus encore que les états, ce sont les grandes entreprises transnationales qui cherchent à préserver ou à étendre leur pouvoir, leur zone d’influence ou simplement leur capital, à travers de brillantes études mensongères : on vous annonce le développement de l’agriculture ou de l’emploi, au moyen de magnifiques programmes, qui produisent surtout des dégradations économiques et sociales. Quand les grandes entreprises veulent supprimer les normes et les cadres, elles réduisent en même temps et du même coup les droits des personnes et des peuples, leurs espaces et leurs cultures.  Elles portent atteinte au climat, à l’environnement, à la santé des populations.

Pour lutter contre l’emprise de ces grandes entreprises, un seul mot d’ordre : la citoyenneté. Il s’agit de s’informer et de se former pour devenir conscients et vigilants, mais surtout de s’unir et de s’organiser pour leur tenir tête, garder un peu de liberté et de souveraineté alimentaire, d’autonomie personnelle et sociale. Travaillons ici et ailleurs pour ne pas nous laisser étrangler et dépouiller.  Apprenons à discuter ensemble pour régler nous-mêmes nos problèmes, sans être obligés de plier devant des experts qui ne  connaissent pas vraiment notre situation ou ne  s’intéressent qu’aux dividendes des actions.

En 2050, nous serons plus de 9 milliards d’êtres humains, mais les surfaces cultivables auront beaucoup diminué, tout comme les réserves d’énergies fossiles. Tous ceux qui refusent « d’aller dans le mur » sont donc invités à s’allier localement ou mondialement. Il s’agit d’être subtils, tenaces et imaginatifs. Le temps presse pour notre belle planète. Ne nous laissons pas abuser par les « grands » mots. L’échange n’est vraiment libre que s’il est humain. Avant de préserver la libre circulation des produits, il importe de garantir celle des personnes.

Mais l’autogestion ne pousse pas toute seule. Comme l’a souligné Charles Piaget, grande figure syndicale des usines Lip, il faut donner beaucoup de temps et d’énergie pour habituer les gens à discuter et décider ensemble, dans un climat de respect, d’égalité et de bienveillance. Beaucoup l’ont vécu justement sous les grands tilleuls du campus. En Franche-Comté, notre expérience multiséculaire des coopératives de production nous a enseigné aussi qu’il faut rester très attentifs à tous les fonctionnements dans une vigilance permanente.

Ces grandes rencontres internationales, intergénérationnelles, intersyndicales et interculturelles nous ont fait du bien. Je crois qu’elles ont ouvert des portes pour des coopérations au moins ponctuelles. Même les petits changements sont importants. C’est la multiplication des achats bio et équitables qui a déjà modifié la réflexion des grandes enseignes commerciales. Ce sont les citoyens actifs qui transforment progressivement les sociétés et les lois.

C’est une lutte de longue haleine. Les moyens sont nombreux et de plus en plus variés, des pétitions sur Internet aux flashmobs ou aux marchés solidaires. Selon nos talents, nous pouvons trouver comment, avec courage et humilité, nous engager « pour un monde nouveau, pour un monde d’amour. »

Pour en savoir plus : consultez le site : www.universite-si.org

 

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Éclaboussures de lumière :
le second recueil de Véronique
Laurès

Depuis près d’une dizaine d’années, les poèmes de notre amie Véronique Laurès ponctuent, comme des haltes de lumière, les numéros de Solidarité Magazine. Des chants de fraternité, des cris d’amour, des prières.

En 2013, vous avez été nombreux à découvrir « Sève odorante », son premier recueil de poèmes. Au moment où Véronique s’en est allée, ces poésies nous ont accompagnés. Ainsi, a-t-elle toujours continué d’être à nos côtés.

Aujourd’hui, nous vous proposons de poursuivre la route avec un second florilège, « Éclaboussures de lumière ». Les quelques mots de présentation de ce recueil vous diront quelle brise poétique et fraternelle souffle sur ces pages. Un présent tout indiqué à Noël, la fête du partage. 

 

« En mai 2013, Véronique Laurès nous a quittés. La maladie a cueilli notre amie, si pétillante de vie. Notre peine est immense, notre chagrin toujours intense. Si lourd le poids de l’absence !

Heureusement, Véronique nous a laissé, généreuse, aimante, facétieuse, de chatoyantes et émouvantes gerbes de poésie. Ces belles brassées de vers, ces « éclaboussures de lumière » comme elle l’écrit, scintillent au cœur de notre vie. Elles dansent, elles pleurent, elles rient, elles nous inondent d’un amour si dense, élan irrésistiblement bâtisseur, feu de miel et de soleil, qui embrase nos cœurs de mille et une couleurs.

Retrouvez les poèmes de Véronique. Plongez-y, savourez-les, goûtez leur petite musique. Laissez-vous pénétrer par cet amour tout en tendresse, tout en douceur. Rendez-vous vous est donné avec le rêve, le voyage, la beauté, la bonté, la joie des profondeurs. Vous serez emportés par le prodigieux souffle de la fraternité. Rien de plus beau que d’aimer !... Message de notre petite fleur. »

 

Caty Cavaillès, sa « grande sœur »

 

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Bleu, blanc, noir
(poème de Véronique
Laurès)

 

Bleu, blanc, noir

Qu'un nouvel étendard

Porte ce qui nous pousse

Vers un chacun pour tous.

 

Bleu comme le jour quand il ne décline

Dans la fumée grise de quelque usine

Bleu comme l'été où tard dans la nuit

L'on est plus friand de fête et de vie

Blanc comme la neige qu'on ne souille pas

Blanc comme la neige dont on a plaisir

À construire ensemble un peu moins de froid

Un peu plus d'humour, un peu plus de rire

Blanc comme le son de la transparence

Au cœur du dialogue, au cœur du silence

Lorsque le silence a le pas léger

Sous la résonance d'un profond respect.

 

Bleu, blanc, noir

Qu'un nouvel étendard

Porte ce qui nous pousse

Vers un chacun pour tous.

 

Noir comme ta sueur qui a fait le nord

Tel qu'on le connaît, opulent et fort

Avec toi je veux aider à le rendre

Un peu moins ingrat, voire un peu plus tendre

Noir comme les siècles de ta patience

Tandis qu'on retire encore de ta bouche

Jusqu'à l'agonie de ta jeune enfance

La manne où se vautrent ceux qui la touchent

Noir comme la houle qui enfle tes larmes

Quand tu en arrives à prendre les armes

Au sein d'un pays trop artificiel

Dessiné à l'encre ou sur logiciel.

 

Bleu, blanc, noir

Qu'un nouvel étendard

Porte ce qui nous pousse

Vers un chacun pour tous.

 

Noir comme ta peau que brûle la mienne

Pour que jamais plus il ne soit de haine

Il ne soit de honte qui garde éloignés

Nos continents frères pour l'éternité

Noir comme ton ventre où bat l'émotion

Tandis que nos pieds foulent la frontière

Lorsque la distance n'est plus que de terre

On peut aisément briser ses bastions

Noir comme tes gestes qui me réjouissent

Quand de ta demeure je franchis le seuil

Noir comme les signes que je recueille

Sur mes pages blanches qui les saisissent.

 

Bleu, blanc, noir

Qu'un nouvel étendard

Porte ce qui nous pousse

Vers un chacun pour tous.

 

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Échos du concert CSI de Nevers
par Cécile
Guimbert (Secrétaire de la CSI)

 

Le 28 mai dernier, Bernadette Uhrès, membre du Comité de la CSI, et son mari Gilbert, ont organisé à Nevers un concert de soutien à notre Commission. Cet événement a rencontré un franc succès, malgré les nombreuses activités culturelles qui se déroulaient dans la ville ce soir-là. Nous avons eu droit à un spectacle de grande qualité, donné par des amateurs vraiment amateurs, en ce sens qu'ils aiment ce qu'ils présentent, ayant à cœur d’être bien compris et de faire vraiment chœurs !

Nous avons d'abord pu entendre « Les Voix ferrées », qui nous ont offert des chants de divers folklores, africains et québécois entre autres. Puis l'ensemble « La guitare en chantant », groupe créé par Gilbert et maintenant dirigé par François Wénisch, nous a proposé un programme autour du negro spiritual. Enfin les deux chorales se sont réunies, ce qui était une première.

Bernadette a exposé les principales actions de la CSI. À noter qu’au cours du spectacle, l'idée de solidarité est revenue en filigrane dans les présentations des divers chants. Elle s’est également manifestée au travers des dons qu’ont tenu à faire à la CSI certaines personnes qui n’avaient pu assister au concert.

La soirée s’est terminée autour d’un pot de l'amitié, avec petits fours et verrines, sans oublier d'excellents cookies confectionnés par Bernadette ! J'ai ainsi pu faire plus ample connaissance avec ces généreux artistes qui rayonnent la joie de vivre.

Merci à tous, aux artistes, à Gilbert et Bernadette, qui ont su communiquer le message de notre CSI : par sa Commission de la Solidarité Internationale, Voir Ensemble agit au-delà des frontières en lien avec nos amis d'Afrique et d'ailleurs. Grâce à nos militants nivernais, organisateurs de ce concert de qualité, avec 115 entrées payantes, la CSI a pu engranger des recettes d’un montant de 860 euros.

En me réveillant le lendemain matin, j'ai eu une pensée pour notre ami Mohamed Azzouz, vice-président de la CSI, qui s'envolait pour le Maroc en concrétisation d’une action de soutien à l’école de la Fondation des Aveugles de Fez.

La solidarité en action ! Un week-end mémorable !

 

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Compte rendu de mission à Fez (Maroc)
par Mohamed Azzouz (
vice-Président de la CSI)

 

Voilà quelques mois, l’Association Azimut Voyage sollicitait Voir Ensemble par sa Commission de la Solidarité Internationale (CSI) afin de soutenir une école d’aveugles à Fez (Maroc).

Cette école, créée en 2004 grâce à la Fondation du roi Mohamed 6, est gérée conjointement par l’Éducation nationale, pour les affaires scolaires et éducatives, et par l’OAPAM (Organisation Alaouite de Protection des Aveugles au Maroc).

La CSI, le Collectif Enfants Algérie et l’Association Valentin Haüy (AVH) ont décidé de soutenir cette école en lui octroyant un lot de matériel éducatif, pédagogique et sportif comprenant du matériel didactique (tablettes et poinçons, cubarithmes et cubes), une embosseuse Index avec papier listing, un exemplaire du logiciel de transcription DBT, un scanner, de nombreux jeux éducatifs et sportifs.

C’est ainsi que je me suis rendu sur place, accompagné d’Azzedine Zoghbi, président du Collectif Enfants Algérie.

Le dimanche 31 mai 2016, avec un retard de 1h30 dû aux intempéries sur Bordeaux, notre avion de la Royal Air Maroc a décollé vers 9 heures pour un vol d’environ 2h30.

En fin d’après-midi, nous avons rencontré les membres d’une association de personnes aveugles consœur de l’OAPAM, dont la présidente non-voyante est également élue à la ville. Nous avons ensuite déambulé dans la vieille ville, guidés essentiellement par des aveugles et leurs amis.

Le lendemain, lundi 1er juin, le début de la cérémonie de remise des dons étant fixé pour 11 heures, nous sommes allés retirer à la douane les 95 kilos de bagage, puis nous nous sommes dirigés vers l’école distante de 15km environ, où quelques élèves candidats aux examens nationaux, leurs professeurs, le directeur de l’école, le représentant de l’OAPAM nationale et régionale, le représentant de l’éducation, le personnel et la télévision nationale nous attendaient. Nous avons eu droit à plusieurs discours de circonstance, puis le matériel fut symboliquement remis aux élèves et professeurs présents.

Après un verre de thé et des gâteaux orientaux, nous avons visité l’école et longuement échangé avec les élèves qui doivent s’investir davantage sur le plan de la motricité et de la tenue pour mieux s’intégrer dans le monde extérieur. J’ai d’ailleurs beaucoup mis l’accent sur l’importance de l’enseignement des activités de la vie journalière et sur une nécessaire préparation à l’insertion dans le monde des voyants. À ce titre, l’inscription de l’école dans la vie de la cité par un développement des relations de proximité est vitale.

L’après-midi, nous nous sommes rendus à Meknès, où nous avons longuement travaillé avec une militante associative, Bouchra, qui œuvre auprès des enfants des rues et des étudiants étrangers africains sans ressources en fin d’études. Elle est grandement soutenue par l’association française « Passeurs de liens », par le diocèse de Meknès et par plusieurs congrégations catholiques locales.

Le lendemain 2 juin, nous nous sommes encore baladés dans la vieille ville de Fez avant de retrouver le chemin de l’aéroport où nous avons pris le vol de la Royal Air Maroc à 16 heures.

 

Deux observations :

1. J’ai échangé avec les responsables de l’OAPAM sur les possibilités de soutien permanent aux écoles d’aveugles du pays, en comptant notamment sur l’apport des associations marocaines de France et de Belgique. J’ai également insisté sur une nécessaire implication des non-voyants qui ont réussi leurs études et leur insertion sociale et professionnelle.

2. L’association de Meknès souhaiterait disposer de quelques cannes blanches : bien que je les aie informés que la CSI ne fournit pas habituellement ce matériel, si des cannes récupérées sont disponibles en plus de ce que je peux me procurer, je les lui enverrai volontiers pour soutenir son action.

 

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Cameroun, Douala, une bibliothèque
pour déficients visuels
 

Une bibliothèque spécialisée pour les malvoyants vient d’ouvrir ses portes à Douala. Objectif : apporter de l’espoir aux jeunes et aux personnes du troisième âge, victimes de problèmes visuels.

Serge Ngassa est journaliste. Il souffre depuis 21 ans de la cataracte. Il a décidé aujourd’hui de venir à la bibliothèque du Pavillon Blanc, un centre de lecture numérique pour malvoyants, doté d’ordinateurs spéciaux qui agrandissent la taille des caractères.

Il confie : « Cette bibliothèque est vraiment venue couvrir un gros manque. Avant, je me désolais. S’il y avait un livre qui m’intéressait, je ne savais pas comment prendre connaissance du contenu de cet ouvrage, à moins qu’il n’existe déjà en audio. Mais c’était plutôt rare ! Aujourd’hui, grâce aux ordinateurs munis d’un système de reconnaissance de caractères ou d’un logiciel de grossissement de la bibliothèque du Pavillon Blanc, je peux avoir un coup de cœur en chemin, acheter le livre en question, et, arrivé sur place, le feuilleter, le parcourir, bref, me cultiver. »

Les ordinateurs de ce centre, le tout premier du genre au Cameroun, sont capables de grossir jusqu’à 40 fois la taille des caractères. Une aubaine pour ces déficients visuels assoiffés de connaissance.

Gédéon Tchakounté, malvoyant : « Quand on ne lit pas, on ne peut se nourrir de connaissances. Quand on lit, par contre, la connaissance grandit. De plus, actuellement, j’ai la chance de rencontrer un formateur qui m’apprend le braille, parce qu’à défaut de lire avec les yeux, on peut également lire avec les doigts en braille. Ce qui est une nouvelle expérience dans la vie, une expérience très gratifiante qui nous donne l’espoir d’être enfin considérés comme des êtres humains à part entière. On est tellement confrontés à des préjugés qui ont la vie dure dans notre société que l’on se sent trop souvent rejetés. »

Malvoyants et personnes du troisième âge sont les principaux bénéficiaires de cette bibliothèque particulière d’une capacité de 30 machines et de plus de 4000 livres. Également disponibles, une salle informatique avec des logiciels adaptés pour malvoyants et une importante collection d’ouvrages en braille. L’accès à la lecture se fait à des coûts relativement bas et parfois gratuitement pour les malvoyants.

Lisette Emmanuelle Waffo, responsable de la communication de la bibliothèque du Pavillon Blanc : « au Cameroun, on a beaucoup de malvoyants qui abandonnent l’école, n’assistant plus aux cours à partir de la troisième, de la seconde, de la terminale. Dans ces classes, l’enseignement devient intense, on doit lire de nombreux ouvrages. Au handicap, s’ajoutent les difficultés financières. Un véritable défi pour les lycéens malvoyants !

Ici, à la bibliothèque du Pavillon Blanc, nous leur offrons notre salle équipée en matériel informatique afin qu’ils étudient en toute sérénité, que leurs efforts soient pleinement récompensés. »

Seule ombre au tableau, le Pavillon Blanc reste malheureusement peu connu du public camerounais. Autre défi à relever par ce centre, la quête de subventions pour l’achat de meilleurs équipements.

 

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WakaWaka, le chargeur solaire et solidaire

 

Le chargeur solaire est né du succès phénoménal d’une campagne de financement sur Internet.

L’idée est née en 2010 dans la tête d’un entrepreneur néerlandais, Camille Van Gestel, qui travaillait autour des questions d’économie d’énergie. Pour nourrir son ambition d’apporter la lumière aux millions de personnes dans le monde ne disposant pas d’électricité, il imagine une lampe de poche solaire baptisée WakaWaka, un mot swahili signifiant « briller ».

Le produit mise sur la simplicité et la robustesse. Des cellules photovoltaïques performantes, deux diodes puissantes, un gros bouton, une prise pour recharger un téléphone portable, un clapet pour poser l’objet ou l’accrocher. Ainsi conçu, WakaWaka peut surtout changer la vie d’un écolier de la brousse africaine ou d’une famille sinistrée après une catastrophe naturelle, mais il répond aussi au besoin des randonneurs européens et américains.

Cette capacité à concilier les deux demandes et à « partager la lumière » est devenue la force de Wakawaka. Pour chaque exemplaire acheté (au prix de 69 €), la fondation adossée à l’entreprise promet de faire don d’une lampe dans un pays pauvre ou à des populations réfugiées.

Le projet est devenu réalité grâce à Internet à la fin 2012, lorsque WakaWaka a lancé une campagne de financement participatif. L’engouement a été immédiat, massif. Les 25.000 dollars recherchés ont été atteints… en deux jours. Au final, le projet a récolté près de 700.000 dollars (plus de 600.000 €).

Depuis lors, les WakaWaka essaiment à travers le monde. La fondation en a distribué plus de 200.000 dans 45 pays, de Haïti à la Syrie, du Mali aux Philippines. WakaWaka a depuis étendu son offre avec des stations de recharge plus volumineuses permettant de recharger des appareils plus puissants ou d’alimenter plusieurs lampes. De quoi répondre au besoin d’une expédition sportive, mais aussi d’un village coupé du monde.

 

La Croix lundi 29 août 2016

 

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Le traité de Marrakech atteint les 20 ratifications
nécessaires pour entrer en vigueur

 

Des millions de personnes de par le monde, dont nombre d’enfants et d’étudiants, n'ont toujours pas accès aux livres et autres matériels imprimés. Les personnes aveugles et malvoyantes se heurtent encore aujourd'hui à des barrières d'inégalité en termes d'accès aux ouvrages publiés, dont moins de 10% sont mis à disposition sous des formats accessibles dans les pays développés. Dans les pays en développement, la situation est encore plus tragique, car la proportion de livres disponibles sous un format accessible n’atteint même pas 1%...

Du fait de ces barrières, de nombreux étudiants sont confrontés à des délais aussi longs qu'inacceptables pour pouvoir obtenir leurs manuels scolaires, si tant est qu'ils les obtiennent.

Depuis des années, l'Union Mondiale des Aveugles travaille aux côtés de nombreux partenaires pour mettre fin à cette pénurie d’ouvrages accessibles, communément dénommée « Soif de livres ».

Ces efforts ont débouché sur la signature d'un traité international, le Traité de Marrakech, qui devrait étancher cette soif de deux façons. Tout d'abord, il va permettre aux structures « agréées », telles que les associations et bibliothèques spécialisées, de reproduire plus facilement les ouvrages sous des formats accessibles (braille, Daisy, audio, grands caractères, livres électroniques, etc.) pour une plus large diffusion. Ensuite, le Traité va permettre l’échange transfrontalier de livres accessibles entre organismes agréés. Il permettra aussi aux pays possédant de grandes collections de livres accessibles de les partager avec les aveugles et les personnes empêchées de lire de pays moins favorisés, évitant ainsi de dupliquer par de coûteux efforts les ouvrages existants.

Le traité de Marrakech ne s’appliquera qu’aux pays qui l’auront ratifié, mais pour qu’il puisse entrer en vigueur, il fallait qu’il l’ait été par au moins 20 pays, nombre qui a été atteint le 30 juin 2016, jour historique où le Canada est devenu le vingtième pays signataire, après l’Inde, le Salvador, les Émirats arabes unis, le Mali, l’Uruguay, le Paraguay, Singapour, l’Argentine, le Mexique, la Mongolie, la République de Corée, l’Australie, le Brésil, le Pérou, la République populaire démocratique de Corée, Israël, le Chili, l’Équateur et le Guatemala.

 

L'Union Mondiale des Aveugles (UMA) est l'organisation qui représente les quelques 285 millions de personnes aveugles et malvoyantes dans le monde. Ses membres sont des organisations dirigées par des personnes aveugles, des organisations qui servent le collectif dans plus de 190 pays, ainsi que des organismes internationaux qui travaillent dans le domaine du handicap visuel. L’adresse de son site web est www.wbu.ngo. Vous y trouverez des informations sur la Campagne pour la ratification et la mise en place du Traité de Marrakech, ainsi qu’une lettre qui vous aidera à encourager votre gouvernement à le ratifier.

Pour de plus amples informations, contacter :

Caitlin Reid, Responsable de la communication 

Caitlin.Reid@wbu.ngo

 

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CCFD-Terre Solidaire : Accueil des partenaires 2016
par Marie-Claude
Cressant (déléguée de Voir Ensemble au CCFD)

 

Les mercredi 2 et jeudi 3 mars dernier, a eu lieu à Paris l’accueil des partenaires de Carême du CCFD-Terre Solidaire. Ces partenaires sont moins nombreux cette année, un peu plus de vingt, car certains sont venus pour la COP 21, et certaines régions ont organisé des parcours de plus longue durée avec échanges dans les deux sens.

Les principaux centres d’intérêt m’ont semblé être la promotion des droits humains et des cultures de paix, et aussi la souveraineté alimentaire et l’agroécologie.

Le mercredi après-midi fut particulièrement intéressant avec le marché des réussites, moment où les partenaires présentent leurs actions avec leurs difficultés et leurs avancées. J’ai été impressionnée par le témoignage de trois femmes : Samia, de Tunisie, Cristina, de Bolivie, Mariam, du Mali. Elles dégageaient une énergie, une détermination, une volonté de faire progresser la vie.

Toutes trois ont affirmé un désir d’approche globale des problèmes, s’intéressant à la fois à l’environnement, aux moyens d’existence des populations pauvres, à la préservation de la dignité des personnes et à l’affirmation des droits humains.

Avec le Forum Tunisien des Droits Sociaux et Économiques, Samia fait des diagnostics de l’état des populations, des propositions au gouvernement pour améliorer les situations. Difficile dans un pays où les migrants sont nombreux, les expressions de l’islam diverses et souvent dangereuses, un État paradoxal avec une population éduquée, mais des moyens de communication déficients. Les femmes jouent un grand rôle, soucieuses d’améliorer leurs conditions de travail, dans le textile par exemple. Mais si la démocratie progresse, l’économie est en grande difficulté : baisse du tourisme, chômage important des jeunes, manque de routes et de moyens d’acheminement des productions. Par exemple, de grosses quantités de lait sont jetées faute de moyen de stockage et de transformation. Les accords avec l’Europe ne sont pas favorables à la population locale, l’UE cherchant surtout à vendre des produits, mais sans souci d’acheter à juste prix les productions tunisiennes. Beaucoup de craintes mais aussi de l’espoir : « Nous tenons à ce que la bougie reste allumée. »

Cristina, en Bolivie, parcourt les hauteurs où vivent les tribus indigènes (quechuas, guaranis, etc.). Son association essaie de faciliter les cultures : préservation des semences traditionnelles, utilisation de fertilisants naturels, résolution des problèmes liés à l’eau ; elle s’efforce de promouvoir les langues indigènes, de soutenir des modèles de petites exploitations familiales. Son but : un pays multiculturel avec une politique visant à un développement soutenable, respectueux des traditions diverses. Un grand rôle est joué par les petites communautés locales qui cherchent à compléter les faibles revenus de la terre par des activités non agricoles : artisanat, développement territorial…  Le but est que ces communautés puissent servir de modèle pour une politique plus soucieuse d’un développement intégral, qui fasse diminuer l’émigration vers les villes, résiste à l’agriculture industrielle. La « tierra madre » est leur référence.

Mariam vit à l’ouest du Mali au bord du fleuve Sénégal, elle anime le réseau d’horticulture de Kayes. L’objectif à atteindre : une production diversifiée (maraîchage, pisciculture, petit élevage, artisanat…). Un souci de tout utiliser : eau de la pisciculture pour arroser les légumes, emploi d’insecticides naturels comme le piment et le gingembre, fabrication du compost avec les déchets de l’élevage, etc.

Nous avons senti une grande volonté de se former collectivement, il existe des champs écoles. Les personnes ayant une compétence la perfectionnent pour l’enseigner aux autres. Les femmes sont en pointe, car dans de nombreux villages les hommes ont émigré. Du coup, bien des femmes deviennent chefs d’exploitation, ce qui n’est pas facilement accepté dans la mentalité traditionnelle. Les femmes essaient de convaincre les jeunes de rester au pays en leur montrant qu’un développement global des villages est plus sûr que l’émigration.

Le jeudi matin, un état de la France en 2016 a été esquissé. Ce qui a beaucoup surpris nos partenaires, c’est le faible nombre d’agriculteurs chez nous,  de même que le désinvestissement des jeunes par rapport à la politique. Mais nous nous rejoignons tous dans le désir de construire un monde plus humain, où recule l’exploitation des personnes et où les ressources de la Terre soient mieux protégées. Comme toujours, le dynamisme des acteurs du Sud nous donne un bon coup de fouet.

 

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« La prière est une manière de reprendre
la main sur l’émotion »
par Gérard Billon

 

Colère, désir de vengeance… Au lendemain du meurtre d’un prêtre français par des terroristes de Daech, le Père Gérard Billon, exégète et directeur du service biblique catholique Évangile et Vie, rappelle que la prière est un moyen d’exprimer et de canaliser les émotions, et appelle les chrétiens à ne pas perdre leur espérance.

 

La Croix : Que permet la prière dans les moments de choc et d’émotion comme celui vécu hier à Saint-Étienne-du-Rouvray ?

Gérard Billon : Depuis l’attentat de Nice, et même avant cela, je vis avec cette phrase du Christ dans l’Évangile de Luc : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. » Nous devons avoir conscience que nous vivons avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête, qui peut toucher tout le monde. Nous sommes devant la présence du mal. Mais je dois dire que le fait que des catholiques aient été touchés hier ne me choque pas plus que les attentats précédents. Les victimes étaient, comme les autres, des innocents, victimes d’une barbarie qui frappe tout le monde et partout (ndlr : car il ne faut pas oublier que Daech ne frappe pas qu’en France, et ne frappe pas que les chrétiens…).

La colère est le sentiment premier, il est normal que l’émotion domine dans un premier temps, surtout lorsqu’on est directement touché. Mais la prière est justement une manière de reprendre la main sur l’émotion, de la canaliser. Ce « Père, pardonne-leur », c’est une prière, et c’est celle de quelqu’un qui s’apprête à mourir. La prière, c’est le moyen par lequel nous remettons à Dieu cette émotion. Je pense à ce livre paru récemment, dont le titre est "Vous n’aurez pas ma haine" (d’Antoine Leiris, Fayard, NDLR). C’est, je trouve, une expression poignante, celle d’une émotion filtrée par la raison.

La prière, pour un chrétien ou un croyant d’une autre religion, dans la mesure où nous nous adressons à celui que nous considérons comme le Créateur, est une manière de reconnaître d’une part mon infirmité, ma faiblesse et, d’autre part, mon impuissance. À la messe, nous disons la prière universelle : s’insérer ensemble dans la prière, avant de célébrer l’Eucharistie, je crois que c’est aussi capital pour canaliser collectivement l’émotion.

 

La Croix : Comment prier quand la colère domine ?

Gérard Billon : Il y a des psaumes de violence, comme le psaume 58 qui dit : « Dieu ! Casse-leur les dents dans la gueule ; Seigneur, démolis les crocs de ces lions. » Mais même réciter un psaume comme celui-là, c’est une manière de remettre notre désir de vengeance entre les mains de Dieu, plutôt que de prendre nous-mêmes un fusil.

Il n’est pas du tout inapproprié de prier pour la défaite de son ennemi, ou pour sa propre protection. Car dans tous les cas, on demande à Dieu d’agir lui-même de la façon qu’Il choisit. Cependant, selon les textes, on peut le dire avec des mots excessifs, ou reprendre les paroles du Christ qui, alors qu’Il est sur la croix, parvient encore à dépasser l’émotion et la souffrance pour demander pardon pour ses bourreaux. Que ce soit après Munich, l’Afghanistan, Nice ou hier matin, à chaque fois cette idée me revient vraiment à l’esprit : ils ne savent pas ce qu’ils font. Alors parfois, il faut crier sa colère plutôt que chercher vengeance soi-même. Mais je ne peux le dire qu’avec prudence, et beaucoup de respect pour la souffrance des victimes et de leurs proches.

Il faut aussi continuer à réfléchir et à prendre en charge l’émotion. Cette réflexion, cette nécessaire prise de distance est le travail des intellectuels, et donc des prêtres, des pasteurs. Il faut mener lentement, pacifiquement, une réflexion, en laissant le temps aux blessures de se refermer. Et nous pouvons aussi prendre exemple sur ceux qui, ayant souffert plus que nous, sont restés des hommes debout même lorsqu’ils allaient mourir, sans haine ni mépris pour les autres. Je pense à Charles de Foucauld ou à Dietrich Bonhoeffer.

 

La Croix : Comment garder l’espérance quand les drames se succèdent et qu’aucune issue ne semble proche ?

Gérard Billon : Nous n’avons pas le droit de perdre notre espérance, parce que nous avons foi en la résurrection. La résurrection des morts, bien sûr, mais la résurrection, c’est aussi dès maintenant. Dimanche dernier, nous avons lu à la messe la prière d’Abraham pour les habitants de Sodome : Dieu est prêt à épargner toute la communauté, alors qu’ils sont coupables, simplement pour sauver les quelques justes qui s’y trouvaient…

C’est après cela que Jésus nous a laissé le « Notre Père ». Cette prière, nous la disons aujourd’hui sur fond de violence. Et je ne parle pas seulement de la violence de Daech, mais aussi de la violence de ceux qui attisent les oppositions et les divisions. Mais si le monde n’était que cela, je me supprimerais dès demain ! Nous ne pouvons pas nous arrêter à cela, à la violence et au mal qu’il y a dans le monde, parce que nous avons la possibilité de nous tourner vers le Père, et parce que nous avons l’espérance de la foi et de la résurrection chevillée au corps.

 

La Croix mercredi 27 juillet 2016

 

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De fruits en floraisons
(poème de Véronique
Laurès)

 

Il paraît que dans dix ans

Mes ailes seront usées

Il paraît que dans dix ans

Mon cœur sera délavé

Qui voudrait me faire admettre

Même du haut de l'expérience

Que le temps doive soumettre

Un amour en transhumance ?

 

Moi je veux un verger de toutes les saisons

Où la vie se déroule de fruits en floraisons

Où les feuilles caduques demeurent à l'argile

Pour des pas plus chantants, pour un sol plus fertile.

 

Moi je veux un brasier qui ne s'éteigne pas

Et s'il tend à s'éteindre, j'irai dans le froid

Ramasser du bois mort, ramasser des brindilles

Pour que la flamme danse, pour que le feu scintille.

 

Est-ce trop demander que demander la lune

En matière d'amour je veux faire fortune

De ce bien sans égal je ne crains les ravages

Car il déploie sa force au pays du partage.

 

Est-ce trop en vouloir que vouloir l'impossible

Et d'ailleurs en amour est-il inaccessible

Facile me direz-vous d'en faire une chanson

Mais pour prendre la route à chacun sa façon.

 

Il paraît que dans dix ans

Mes ailes seront usées

Il paraît que dans dix ans

Mon cœur sera délavé

Qui voudrait me faire admettre

Même du haut de l'expérience

Que le temps doive soumettre

Un amour en transhumance ?

 

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Burkina Faso : handicapé visuel,
Saïdou Sondo, un exemple pour la jeunesse

 

Le handicap n’est pas une fatalité. Ainsi peut se résumer l’histoire de Saïdou Sondo, producteur de savon et handicapé visuel. Après avoir perdu la vue à la suite d’un glaucome mal soigné, Saïdou Sondo ne baisse pas les bras. Il décide d’apprendre un métier afin de gagner dignement sa vie. Aujourd’hui, il est à la tête d’une unité de production de savon qui emploie six personnes. Il est par ailleurs formateur agréé auprès du FAFPA (Fonds d’appui à la formation professionnelle et à l’apprentissage). Nous l’avons rencontré pour lever le petit coin de voile sur son histoire.

 

Saïdou Sondo : Je m’appelle Saïdou Sondo. Je suis responsable de l’entreprise Atelier savonnerie Saïdou (A.SA.SA.). Avant, j’étais voyant. Un jour, j’ai décidé d’aller en Côte d’Ivoire chez mon oncle. Une fois là-bas, j’ai eu un glaucome. Ma mère avait aussi cette maladie des yeux. Je me suis soigné en vain, je n’ai pas pu guérir et j’ai perdu la vue. C’est suite à ma cécité que je me suis rendu dans un centre de l’Association Burkinabé pour la Promotion des Aveugles et des Malvoyants (ABPAM) pour apprendre un métier. J’ai suivi deux années de formation et j’ai appris l’artisanat, notamment à tisser des lits picots. J’ai également été formé au métier de standardiste par l’ONATEL en 2000 à l’École Nationale de Télécommunication. Il y avait des propositions d’emplois pour moi en tant que standardiste, mais j’ai refusé. J’avais déjà commencé à produire le savon et j’ai vu que ce serait plus rentable que de travailler pour quelqu’un. C’est ainsi que je suis resté dans la fabrication de savon jusqu’à maintenant.

La Rédaction : Parlez-nous de vos débuts dans la production de savon.

Saïdou Sondo : C’est véritablement en 2006 que j’ai commencé à produire en grande quantité le savon. En 2007, j’ai décidé de faire de mon entreprise, une entreprise formelle. J’ai donc fait les démarches pour obtenir les papiers et aujourd’hui mon entreprise est dans le secteur formel. En 2008, j’ai été lauréat d’un concours organisé par la Maison de l’Entreprise et j’ai reçu trois millions de l’Union Européenne. Avec cet argent, j’ai acheté du matériel de production de savon et de la matière première.

La Rédaction : Concrètement comment arrivez-vous à doser et produire malgré votre handicap ?

Saïdou Sondo : Dans la saponification, tout est dosé, mesuré. Je pèse les produits qui entrent dans la fabrication du savon, ce qui me facilite la tâche. J’ai aussi des récipients pour mesurer les liquides. Par exemple, je pèse la soude par kilogramme que j’attache dans des sachets. Pendant la fabrication, si j’ai besoin de deux ou de trois kilos, il me suffit de prendre deux ou trois sachets. J’ai aussi un appareil qui contrôle la densité de la soude pour ne pas agresser la peau des utilisateurs. Mon handicap ne me dérange en rien dans la fabrication du savon. En outre, j’ai des personnes qui travaillent avec moi. Elles font donc le mélange selon les quantités que je leur dis d’utiliser. C’est pourquoi c’est nécessaire pour moi de travailler avec des personnes de confiance qui respectent ce que je leur dis.

La Rédaction : En dehors de la production de savon, menez-vous d’autres activités ?

Saïdou Sondo : Je mène d’autres activités en dehors de la production de savon. À travers des recherches que j’ai menées auprès de mes frères et d’amis, j’ai pu découvrir la fabrication de l’engrais, un fertilisant qu’on fabrique à partir du phosphore du Burkina, de l’azote, etc. Pour le moment, j’en fabrique en petites quantités, trois tonnes par an. À cause du manque de financement, je ne peux pas lancer une production à grande échelle. Je suis également formateur au niveau du Ministère de la Jeunesse et formateur agréé au FAFPA. Je forme les groupements et associations de femmes à la saponification.

La Rédaction : Combien de personnes employez-vous dans votre entreprise ?

Saïdou Sondo : J’emploie six personnes de façon permanente. Pendant les vacances, je recrute des jeunes qui vendent mes produits en ville et dans d’autres provinces du Burkina Faso.

La Rédaction : La savonnerie nourrit donc son homme ?

Saïdou Sondo : Je gagne bien ma vie par la production de savon. Je fabrique toutes sortes de savons : du savon médical, de toilette, de lessive, etc. Et comme je suis formateur en saponification, je donne aussi des formations un peu partout, donc je ne me plains pas. Il y a des pharmacies qui prennent mes savons pour les revendre et aussi des boutiques qui vendent mes savons.

La Rédaction : Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans votre travail ?

Saïdou Sondo : Comme je vous le disais, chaque vacance, je fais la promotion de mes produits en recrutant des jeunes qui se promènent pour vendre à Ouaga ou en province. Il y en a certains qui n’hésitent pas à disparaître avec les savons. Il y a aussi des commerçants qui prennent les produits, qui versent une partie de l’argent et le reste, ils ne me le donnent jamais. Il y a aussi des escrocs qui prennent le savon sans me payer.

La Rédaction : Un appel à lancer aux jeunes ?

Saïdou Sondo : Je voudrais dire aux jeunes que le chômage n’existe pas au Burkina ; chacun peut se débrouiller pour s’en sortir. Il suffit d’avoir de la volonté. Moi j’ai appris plusieurs métiers. À part le savon, j’ai appris l’élevage, l’artisanat, le commerce. Chacun peut essayer de s’en sortir dans un domaine bien précis. Personne ne doit dire qu’il n’y a pas de travail, tout le monde peut faire quelque chose.

 

Justine Bonkoungou, Lefaso.net, mercredi 17 août 2016.

 

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Le sport devient accessible aux malvoyants et aveugles
par Paul Tezanou et Arlette Tchuengno

 

Les activités sportives et ludiques telles que la marche à pied, la course, le football, le handball étaient auparavant réservées essentiellement aux voyants. Les non-voyants camerounais, privés de la possibilité de pénétrer dans un stade de football ou de pratiquer la natation dans un lac, devaient se contenter d’écouter les commentaires sportifs en anglais ou en français à la radio.

Alors que le sport pour handicapés se développait en Europe, il restait toujours un tabou dans certains pays de l’Afrique noire.

Heureusement, depuis maintenant 5 ans, les autorités sportives camerounaises, sous l’impulsion du Gouvernement de la République, ont réorganisé les Fédérations nationales des sports, en incluant plusieurs fédérations sportives pour handicapés et par type de handicap. Celle liée à la déficience visuelle a bénéficié de l’encadrement technique d’un Français d’origine camerounaise, voyant, qui avait débuté son parcours sportif à Bordeaux avant de devenir entraîneur au niveau international. C’est grâce à lui que des handicapés camerounais ont pu s’illustrer dans leurs équipes respectives.

Depuis, des sportifs aveugles ont remporté des médailles d’or en natation, en course à pied et en « Cécifoot » à Dubaï, à Londres, et à Bordeaux. Le dernier événement en date est la coupe d’Afrique des Nations de Cécifoot où l’équipe camerounaise a participé à la phase finale qui s’est déroulée du 16 au 25 octobre 2015 à Douala. Elle n’a d’ailleurs nullement démérité en ne perdant qu’en finale face à une solide équipe marocaine.

Ce qu’il faut particulièrement retenir de cette grande première au Cameroun c’est que cette compétition a mobilisé un public nombreux qui a découvert que les non-voyants pouvaient jouer au football, grâce au Cécifoot, discipline adaptée à leur handicap. Ce sport se joue dans un stade de foot spécialement aménagé, entre deux équipes de 5 joueurs, dans lesquelles seul le gardien de but est voyant.

Au Cameroun cette nouvelle activité est régie par trois conventions : Ministère des Sports et Éducation physique, Affaires sociales et Fédération nationale des sports. Des équipes se constituent dans les différentes régions et structures spécialisées, mais l’achat de l’équipement nécessaire a bien sûr un coût. À titre d’exemple, un équipement complet de foot (maillot, short, bas, chaussures) revient à 65.000 F CFA, soit 100 euros par joueur.

Au Centre des Jeunes Aveugles de Dschang, pour encadrer nos élèves nous avons la chance de pouvoir compter sur Mme Fezeu Arlette, responsable des activités sportives au Lycée Technique de Dschang, et également spécialisée en sport pour personnes handicapées. La CSI a accepté de financer sa rémunération en tant qu’accompagnatrice sportive pendant trois ans, à raison de 900 euros annuels, en attendant sa contractualisation par le Gouvernement camerounais. Qu’elle en soit ici chaleureusement remerciée !

 

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Courrier du Sud

 

Courriel reçu le 11 juillet 2016 du CONAFAC
(Comité National des Femmes Aveugles du Cameroun)

 

Bien cher Yves Dunand,

Depuis notre mail du 15 mai dans lequel je vous annonçais la réception effective des fonds pour le projet de commercialisation du miel naturel, vous devez sûrement vous interroger sur le déroulement du projet.

En attendant le rapport formel que nous espérons vous envoyer d'ici la fin du mois de juillet, nous tenons déjà à vous rassurer de l'effectivité du démarrage. Nous avons distribué le miel aux membres du CONAFAC au cours de notre réunion mensuelle de juin, précisément le 4 juin. Puis au cours de celle du mois de juillet, nous avons pu avoir une première appréciation des ventes réalisées. Les femmes du CONAFAC se réjouissent de votre volonté de les accompagner dans leurs efforts d'autonomisation et souhaitent que le succès de ce projet vous galvanise dans vos actions d'aide aux déficients visuels.

Nous lisons toujours avec beaucoup d'intérêt votre bulletin d’information et vous encourageons dans vos différentes initiatives. Nous espérons que nous pourrons nous aussi nous appuyer sur votre dynamisme, et qui sait ? malgré les difficultés du contexte camerounais, le CONAFAC pourra peut-être vous ressembler d'ici quelques années ! Pas tellement dans l'aspect financier ou infrastructurel, mais dans les réalisations quotidiennes.

Je vous souhaite de bien vous porter et vous enverrai, comme promis, un rapport détaillé sur l'évolution de notre projet.

Amicalement.

 

Claude Marie Efouba

 

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Rubrique Humour

 

C'est la crise, mais joliment dit !!!

 

Les problèmes des boulangers vont croissants...

Alors que les bouchers veulent défendre leur bifteck, les éleveurs de volailles se font plumer, les éleveurs de chiens sont aux abois, les pêcheurs haussent le ton !

Par ailleurs, alors que les brasseurs sont sous pression, les viticulteurs trinquent.

Les cuisiniers ont l'impression que les carottes sont cuites.

Heureusement, les électriciens résistent.

Mais pour les couvreurs, c'est la tuile, et certains plombiers prennent carrément la fuite.

Dans l'industrie automobile, les salariés débrayent, dans l'espoir que la direction fasse marche arrière.

Les cheminots voudraient garder leur train de vie, mais la crise est arrivée sans crier gare, alors...

Les veilleurs de nuit, eux, vivent au jour le jour.

Pendant que les pédicures travaillent d'arrache-pied, les croupiers jouent le tout pour le tout, les dessinateurs font grise mine, les militaires partent en retraite, les imprimeurs dépriment et les météorologistes sont en dépression.

Les prostituées sont dans une mauvaise passe...

Mais les banquiers, quant à eux, perdent rarement au change !

 

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Recette : Curry d’agneau et noix de coco à l’africaine

 

Temps de préparation : 20 minutes

Temps de cuisson : 60 minutes

 

Ingrédients (pour 6 personnes) :

- 1,5kg d'épaule d'agneau désossée

- 1 noix de coco fraîche

- 1 gros oignon

- 2 gousses d'ail

- 60g de beurre

- 1 concentré de bouillon en cube

- persil, thym et laurier

- 5cl de liqueur de Grand-Marnier

- 1 pincée de noix de muscade

- 3 pincées de curry

- moutarde fine

- sel, poivre

 

Préparation :

 

Enduire l’agneau désossé de moutarde, puis le découper en morceaux de la taille d'un œuf.

Peler et hacher l'ail et les oignons, puis les jeter dans une poêle beurrée bien chaude. Y ajouter les morceaux de viande et les faire dorer dans le beurre et les oignons.

Préparer un bouillon dans une cocotte, ajouter le curry, la muscade, le sel et le poivre, les herbes, puis y plonger les morceaux de viande dorés et les oignons.

Laisser cuire 50 minutes.

Pendant ce temps, ouvrir la noix de coco pour en extraire le lait et râper la chair.

Verser le lait de coco dans la cocotte avec la viande, puis arroser de Grand-Marnier en remuant.

Prolonger la cuisson de 15 minutes, puis faire réduire le jus de cuisson à feu vif.

Servir la cocotte de viande avec la noix de coco râpée dans sa coque à côté.

 

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